Coups de théâtre en France : 1974, la mort du président ouvre une campagne de bouleversements
Le 2 avril 1974, à 22h, la France est secouée par l’annonce de la mort de Georges Pompidou, président de la République, en exercice. Bien que son état de santé ait suscité des inquiétudes croissantes, la nouvelle choque le pays. La dernière fois qu’un président français était décédé en fonction remonte à la IIIe République, avec les assassinats de Sadi Carnot en 1893 et Paul Doumer en 1932, ainsi que la mort de Félix Faure en 1899.
Pompidou a succombé à une maladie de Waldenström, une affection du sang, révélée dans des archives récentes. Lors de ses apparitions publiques, il apparaissait visiblement affaibli, souvent décrit comme bouffi par la cortisone. Les communiqués officiels minimisaient son état, évoquant des problèmes de santé bénins, tandis que la télévision évitait de montrer des images alarmantes.
Campagne électorale rapide
Alain Poher, président du Sénat, prend l’intérim à l’Élysée, et la campagne présidentielle démarre rapidement. Le 4 avril, Jacques Chaban-Delmas, ancien Premier ministre de Pompidou, annonce sa candidature. François Mitterrand, devenu en 1971 le leader du Parti socialiste, se positionne également comme le candidat de la gauche.
Valéry Giscard d’Estaing, ministre des Finances, entre en lice avec des slogans frappants, promettant un changement sans risque. La droite se divise, avec un groupe de parlementaires gaullistes soutenant Giscard, dont Jacques Chirac.
Résultats électoraux serrés
Les sondages montrent Mitterrand comme le favori. Au premier tour du 5 mai, il obtient 43,2% des voix, suivi de Giscard avec 32,6% et Chaban-Delmas à 15,1%. Le second tour, le 19 mai, attire 87,33% des électeurs, un record pour la France. Giscard remporte l’élection avec 50,8% des voix contre 49,2% pour Mitterrand, ne les séparant que 424 599 voix.
Giscard, à 47 ans, entre à l’Élysée, marquant un tournant vers la jeunesse après les présidences de De Gaulle et Pompidou. Mitterrand devra attendre encore sept ans pour sa propre élection.
Source : Le Temps.
