Cagnac-les-Mines a besoin de se reposer
Dans une lettre adressée à son avocat, révélée par La Dépêche du Midi, Cédric Jubillar a admis pour la première fois sa responsabilité dans la disparition de l’infirmière de 33 ans, dont on n’a jamais retrouvé le corps. Les habitants du village où habitait le couple reprennent espoir de connaître la vérité sur cette affaire.
Publié le 07/07/2026 à 09:53, mis à jour à 10:02
Pendant près de six ans, le village de Cagnac-les-Mines dans le Tarn est resté suspendu à cette question : que s’est-il passé en décembre 2020, la nuit de la disparition de Delphine Jubillar ? Les 2 600 habitants ont appris le 7 juillet les aveux de son mari, Cédric Jubillar. Dans sa lettre, il reconnaît pour la première fois sa responsabilité dans la disparition de l’infirmière, dont le corps n’a jamais été retrouvé. Pour la famille de Delphine et pour tout un village, l’espoir renaît de voir toute la vérité éclater.
Un petit muret de parpaings, une voiture blanche abandonnée et un mémorial, voilà ce qu’il reste aujourd’hui de la maison des Jubillar. Jérémy, un habitant d’Albi, consacre une partie de son temps à la recherche du corps de Delphine. « Comme tout le monde, j’ai été touché par le destin de cette mère de famille », confie-t-il. Pour lui, savoir que les enquêteurs pourraient la retrouver dans les prochaines semaines est « une énorme nouvelle ».
À Cagnac-les-Mines, beaucoup d’habitants partagent ce soulagement. Jérémy estime que Cédric finira par révéler l’endroit où il a enterré le corps de son épouse. « Là, le jeu est terminé. Peu importe l’argument qu’il pourra donner ensuite, ça ne fonctionnera plus », ajoute-t-il.
Au-delà de la question judiciaire, c’est toute une commune qui attend de pouvoir refermer cette douloureuse parenthèse. « Ce petit village de Cagnac-les-Mines a besoin de se reposer », déclare un habitant, soulignant que les autres communes alentour ressentent également cette attente.
En attendant, Jérémy compte ratisser la forêt jusqu’à ce que le corps de Delphine Jubillar soit retrouvé. Cédric Jubillar a écopé en 2025 de trente ans de réclusion criminelle en première instance. Son procès en appel est prévu pour septembre 2026.
Source : La Dépêche du Midi