Premier contact extraterrestre : pourquoi le SETI vient de réécrire ses règles

Premier contact extraterrestre : le SETI réécrit ses règles

Pour la première fois en quinze ans, les scientifiques du SETI ont mis à jour leurs protocoles concernant la gestion d’un éventuel premier contact avec une intelligence extraterrestre. Cette révision est motivée par la montée des deepfakes, la désinformation générée par l’intelligence artificielle, et des scientifiques qui, selon certaines critiques, ont tendance à « crier au loup » cosmique. Désormais, aucune annonce publique ne pourra être faite sans une vérification indépendante par plusieurs observatoires.

Depuis la dernière mise à jour des protocoles SETI de l’Académie internationale d’astronautique en 2010, le paysage informationnel a considérablement évolué. Les deepfakes et la désinformation automatisée par l’IA rendent la diffusion d’allégations non vérifiées particulièrement problématique. Michael Garrett, astronome à l’Université de Manchester et président du comité SETI de l’IAA, souligne que « une simple allégation non vérifiée peut semer la confusion, voire la panique ». Les nouveaux protocoles cherchent à contenir les déclarations sensationnalistes qui ont émergé autour de découvertes préliminaires, suivant le principe de Carl Sagan : « Les affirmations extraordinaires exigent des preuves extraordinaires. »

Les nouveaux protocoles stipulent qu’une anomalie pouvant indiquer une intelligence extraterrestre doit d’abord être confirmée par un observatoire distinct, utilisant des instruments différents. Après cette confirmation, toutes les données doivent être soumises à une évaluation par les pairs. Aucune annonce publique ne sera faite tant qu’un signal ou un artefact n’aura pas été rigoureusement authentifié par des organisations indépendantes.

Un des éléments les plus marquants de cette mise à jour concerne la réponse à un contact potentiel. Aucun chercheur ou organisation ne peut prendre l’initiative de répondre à une intelligence extraterrestre sans consulter les Nations Unies. La déclaration précise que « la décision de répondre à une intelligence extraterrestre appartient à l’humanité tout entière ». Le scientifique ou l’organisation responsable de la découverte devra donc contacter le Secrétaire général des Nations Unies, qui mènera des consultations internationales avant tout contact.

Cette révision des protocoles a été en partie motivée par les débats autour de certaines déclarations controversées, comme celles du professeur Avi Loeb de Harvard, qui a suggéré que l’objet interstellaire Oumuamua pourrait être d’origine extraterrestre. Les nouveaux protocoles visent à renforcer la rigueur scientifique avant la publication de toute découverte.

Source : Sciencepost.

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