Logements étudiants : 95% ne respectent pas l'encadrement des loyers, selon l'association Que Choisir Ensemble

Logements étudiants : 95 % des annonces ne respectent pas l’encadrement des loyers

Alors que la période de recherche de logements étudiants pour la rentrée de septembre débute, l’association Que Choisir Ensemble (anciennement UFC-Que-Choisir) alerte sur la situation préoccupante du marché locatif. Une étude de l’association, consultée en avant-première par France Inter, révèle que la majorité des annonces publiées sur des plateformes comme Leboncoin, Se Loger, ou Particulier à Particulier ne respectent pas le cadre légal.

L’analyse se concentre sur onze agglomérations françaises, représentant environ 62 % des étudiants en France, notamment Aix-Marseille, Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier, Nantes, Paris, Rennes, Strasbourg et Toulouse. Parmi ces villes, six sont soumises à l’encadrement des loyers, un dispositif destiné à limiter les prix dans des zones à forte tension immobilière. L’étude indique que 95 % des annonces pour des studios de 15 m² dépassent les plafonds autorisés, qui s’élèvent en moyenne à 234 euros par mois. À Paris, ce dépassement peut atteindre jusqu’à 382 euros.

Que Choisir Ensemble souligne que, faute de places suffisantes dans les résidences Crous, neuf étudiants sur dix se voient contraints de chercher d’autres solutions de logement, dont 40 % se tournent vers le parc privé. Les loyers y sont souvent jugés inaccessibles, avec un coût moyen d’environ 600 euros par mois pour un studio de 15 m². Les disparités sont marquées selon les villes : 504 euros à Grenoble, 560 euros à Lyon, 655 euros à Bordeaux et jusqu’à 984 euros à Paris.

Lorris Chabert, secrétaire national du syndicat l’Union Étudiante, partage ce constat alarmant, affirmant que les propriétaires ont une grande liberté sur le marché, sachant que les étudiants n’ont souvent pas d’autre choix que de se tourner vers ces logements. Chaque année, des centaines d’étudiants abandonnent leurs études faute de logement.

L’étude révèle également que 73 % des annonces comportent au moins une non-conformité, avec des taux atteignant 97 % à Paris et jusqu’à 100 % pour Grenoble, Lyon, Lille et Bordeaux. Pour 36 % des annonces, l’absence de mention du Diagnostic de Performance Energétique (DPE) est signalée.

Marie-Amandine Stévenin, présidente de Que Choisir Ensemble, appelle à une obligation pour les plateformes de vérifier la conformité légale des annonces qu’elles diffusent. Elle plaide également pour le maintien et l’application stricte de l’encadrement des loyers, un dispositif qu’elle considère essentiel.

Source : France Inter

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