Suspension levée de Balogun : l’intervention de Trump suscite des inquiétudes
C’est un fait de jeu qui s’est transformé en affaire d’État. Le carton rouge de Folarin Balogun, reçu lors de la qualification des États-Unis face à la Bosnie-Herzégovine (2-0) pour une semelle par derrière sur le défenseur Tarik Muharemovic, a été annulé. La Maison Blanche est intervenue pour faire annuler cette sanction, permettant ainsi à Balogun de jouer lors du huitième de finale face à la Belgique, prévu ce mardi à 2h. Le président américain Donald Trump a directement contacté le président de la FIFA, Gianni Infantino, et un lobbying intensif a été mené pendant plusieurs jours.
Un tollé général
Cette intervention a provoqué une onde de choc dans le monde du football. La question de l’indépendance des instances dirigeantes du football mondial est remise en cause. L’UEFA a exprimé son indignation dans un communiqué, affirmant que « le football, comme tout autre sport, repose sur des règles qui constituent la base d’une compétition équitable, honnête et transparente. Une suspension automatique minimale d’un match à la suite d’un carton rouge n’est pas une me discrétionnaire ».
Joseph Blatter, ancien président de la FIFA, a également critiqué cette décision : « Les cartons rouges ne sont pas annulés par des appels téléphoniques politiques. Ils sont annulés par des règles, des preuves et des organismes indépendants. Si un président des États-Unis intervient auprès du président de la FIFA, la question est inévitable : Quo vadis, FIFA ? Le football ne doit jamais devenir un terrain de jeu pour le pouvoir politique. »
Conséquences sur le match États-Unis-Belgique
L’annulation de la suspension de Folarin Balogun soulève des questions sur l’équité du match à venir entre les États-Unis et la Belgique. Le sélectionneur norvégien Stale Solbakken a souligné que si les États-Unis remportent le match, cela pourrait laisser un goût amer en Belgique, notamment si Balogun se distingue par un but ou une performance notable.
La FIFA s’est appuyée sur l’article 27 de son code disciplinaire pour justifier cette décision, stipulant que la commission de discipline peut lever totalement ou partiellement l’application d’une me disciplinaire.
Un précédent historique
Ce revirement est sans précédent dans l’histoire de la compétition. Une situation similaire a eu lieu en 1962 lors de la Coupe du monde au Chili, lorsque le Brésilien Garrincha avait été renvoyé aux vestiaires pour avoir agressé un adversaire. Il avait finalement été autorisé à participer à la finale grâce à l’intervention du Premier ministre brésilien de l’époque, Tancredo Neves.
Cette affaire soulève des préoccupations quant à l’intégrité des compétitions sportives et à l’influence croissante de la politique sur le football.
Source : Le Progrès
