Absentéisme : ce que révèle en profondeur le baromètre Axa pour les managers

Absentéisme : Le baromètre Datascope 2026 d’Axa révèle une transformation du phénomène

Le baromètre Datascope 2026 d’Axa met en lumière une hausse significative de l’absentéisme dans le secteur privé, atteignant 4,8 % en 2025, contre 4,5 % l’année précédente. Ce chiffre représente une progression continue depuis la crise sanitaire, avec une augmentation de 50 % depuis 2019. Cette évolution ne se limite pas à une simple augmentation quantitative ; elle souligne également une transformation dans la nature même de l’absentéisme.

Un absentéisme tiré par les arrêts longs, pas par les absences courtes

L’analyse révèle que l’augmentation du taux d’absentéisme n’est pas due à une multiplication des absences de courte durée. Bien que 44 % des arrêts concernent des périodes de 1 à 3 jours, leur impact sur le taux global est marginal, inférieur à 0,2 point. En revanche, les arrêts longs, dépassant deux mois, représentent désormais plus des deux tiers du taux global. Les arrêts de plus de six mois contribuent à hauteur de 2,1 points au taux global en 2025, en hausse par rapport à 1,6 point en 2022. Cette tendance indique que les entreprises doivent désormais se concentrer sur la prévention des ruptures durables avec le travail, plutôt que sur la gestion des absences ponctuelles.

Jeunes salariés : une montée rapide et un profil d’absences spécifique

Le baromètre souligne également une augmentation marquée de l’absentéisme chez les jeunes actifs, avec une hausse de 10 % chez les moins de 30 ans et de 11 % chez les 30-35 ans. Les jeunes salariés présentent un profil d’absentéisme particulier, cumulant des arrêts courts liés à des épisodes épidémiques et une montée des arrêts longs. Les données montrent que les moins de 30 ans enregistrent 105 arrêts pour 100 salariés sur un an, dont 57 % sont des arrêts de 1 à 3 jours. Dans cette tranche d’âge, les troubles psychologiques représentent 51 % des arrêts longs. De plus, l’absentéisme chez les cadres, longtemps moins touchés, augmente de 8 % en 2025, avec une durée moyenne des arrêts qui dépasse désormais celle des non-cadres.

La santé mentale, premier moteur de l’absentéisme

L’étude d’Axa met en avant la santé mentale comme principale cause des arrêts longs. Chez les moins de 30 ans, les troubles psychologiques constituent 51 % des arrêts de longue durée, et cette proportion atteint 54 % chez les 30-35 ans. Un rajeunissement des situations est également observé, l’âge moyen de survenue de ces troubles passant de 43,3 ans en 2019 à 40 ans en 2025. Ce phénomène indique une exposition plus précoce aux risques psychosociaux et une capacité d’absorption des tensions professionnelles réduite.

Les résultats du baromètre Datascope d’Axa soulignent la nécessité pour les entreprises de repenser leurs stratégies de gestion de l’absentéisme, en mettant l’accent sur la prévention des arrêts longs et le soutien à la santé mentale de leurs salariés.

Source : Axa, 31 mars 2026.

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