Raccordement des renouvelables : la future carte des zones saturées inquiète la filière
Enedis et RTE s’apprêtent à publier une carte localisant les zones saturées du réseau électrique français, une initiative qui vise à orienter les futurs investissements. Cependant, cette démarche suscite des inquiétudes au sein du Syndicat des énergies renouvelables (SER), qui redoute un coup d’arrêt pour les projets éoliens et solaires dans les régions concernées.
Le réseau électrique français n’est pas un « open bar ». C’est le message que ces entreprises souhaitent faire passer à travers cette carte, qui recense les zones où le raccordement de nouveaux parcs d’énergie renouvelable est limité. Jules Nyssen, président du SER, s’interroge : « Cela signifiera-t-il qu’on ne pourra plus développer de projets éoliens ou solaires dans les départements concernés ? Ce n’est pas le réseau qui doit déterminer la faisabilité des parcs renouvelables, mais l’inverse. »
Les tensions se concentrent principalement dans les territoires ruraux. Marianne Laigneau, présidente d’Enedis, a déjà évoqué les départements critiques, parmi lesquels figurent le Cher, l’Indre, le Lot-et-Garonne, la Nièvre et l’Aveyron. La région Centre-Val de Loire est également mentionnée comme étant particulièrement affectée. Cédric Boissier, directeur du raccordement, précise que ces zones peu peuplées connaissent un fort développement du photovoltaïque, mais le réseau n’a pas été conçu pour transporter de grandes puissances.
Pour comprendre les enjeux, il est essentiel de distinguer les deux niveaux de l’infrastructure électrique en France. D’un côté, RTE gère le réseau de transport, qui fait circuler les très grandes puissances à haute tension sur de longues distances. De l’autre, Enedis s’occupe du réseau de distribution, qui achemine le courant à moyenne et basse tension vers les consommateurs et connecte 90 % des parcs renouvelables.
Cette situation pourrait avoir des conséquences sur la capacité de la France à atteindre ses objectifs de transition énergétique, notamment en matière de développement des énergies renouvelables.
Source : La Tribune.
