Gil Avérous :  

par Michel Tendil, Localtis, à Roanne

Lors d’un congrès à Roanne, un rapport a révélé que trois quarts des maires de villes de plus de 10.000 habitants estiment que l’État ne fait pas assez pour les villes moyennes. Cette conclusion provient du « Baromètre des Maires de France« , réalisé par l’institut Quorum pour Villes de France. Ce congrès a également permis d’évaluer l’état d’esprit des élus, dont les deux tiers ont été reconduits dans leurs fonctions. Un point de tension majeur soulevé au cours de ces deux journées a été la fiscalité, avec 82 % des maires signalant des difficultés budgétaires. Le manque de moyens financiers a été identifié comme le principal obstacle à leur action (41 %), suivi par l’excès de normes (24 %) et la complexité administrative (17 %).

« Sinon on va refaire les gilets jaunes »

Gil Avérous, maire de Châteauroux et réélu à la tête de l’association, a déclaré : « Le candidat à la présidentielle qui fera abstraction des villes moyennes va passer à côté du sujet, et vraisemblablement, il ne sera pas élu. » Cette déclaration a été faite en clôture du congrès, en présence d’Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’IA et du Numérique. Quatre ministres étaient présents pour rasr les élus sur des sujets tels que l’aménagement du territoire et la sécurité. Cependant, la préparation du budget 2027 est perçue comme un enjeu crucial. Avérous a indiqué qu’un projet de loi de finances pourrait être adopté par ordonnance, ce qui signifie que le budget présenté pourrait être celui qui sera exécuté. Il a averti : « Si on a un projet de loi de finances qui ne correspond pas à ces contraintes, on prend un risque irresponsable de crise. Sinon, on va refaire les gilets jaunes. »

Jean-François Debat, président délégué de Villes de France, a souligné que les villes moyennes ont souffert des arbitrages budgétaires des deux dernières années, notamment avec la réduction de la compensation liée à la suppression de certains impôts économiques. Il a exprimé son indignation face à l’augmentation de 40 % des cotisations retraites pour les employeurs territoriaux d’ici 2028, en qualifiant cette décision de « coup de trop ». Debat a ajouté : « Nous avons confiance dans les institutions de la République, mais si les choses continuent, nous n’aurons plus confiance dans la parole de l’État. »

Demande de clarté

Les congressistes ont reçu des nouvelles positives avec l’annonce de Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire, concernant la continuité du programme Action cœur de ville durant tout le mandat municipal, axé sur le logement et le commerce. Toutefois, aucune enveloppe budgétaire n’a été précisée. Avérous a exprimé le besoin de clarté et a regretté l’absence de leadership dans le programme après le départ de Dominique Consille, ancienne directrice d’Action cœur de ville. Il a insisté sur l’urgence de réunir le comité des financeurs pour clarifier le financement.

Les maires des villes moyennes ont appelé à recentrer le programme sur les centres-villes, notamment sur la question des loyers commerciaux souvent jugés excessifs par rapport au chiffre d’affaires des commerçants. Yves Nicolin, maire de Roanne, a conclu en affirmant que « les villes moyennes sont incontournables » et que les maires ont besoin de « visibilité, de simplicité ». Il a également noté que « notre pays ne va pas très bien » et que « les Français sont assez frustrés, voire coléreux ».

Source : Localtis, Michel Tendil.

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