La Banque Alimentaire du Rhône en difficulté face à la montée de la demande
Installée à Décines-Charpieu, la Banque Alimentaire du Rhône rencontre actuellement de graves difficultés. Ses stocks sont au plus bas alors que la demande ne cesse d’augmenter. Près de 75 000 bénéficiaires dans la métropole lyonnaise dépendent de son aide alimentaire pour se nourrir quotidiennement.
En fin juin, les entrepôts de l’association affichent des rayons presque vides, notamment en conserves de légumes, de poissons et de céréales. Philippe de Mester, président de la Banque Alimentaire, souligne : « À cette période de l’année, je n’ai jamais vu des entrepôts aussi vides ». Cette situation est aggravée par une insuffisance des dons, qui ne permettent pas de maintenir des stocks suffisants pour répondre à une demande croissante.
Chaque matin, des camions de l’association sillonnent la métropole lyonnaise pour récupérer les invendus des supermarchés, en vertu de la loi Garot de 2016, qui oblige les grandes surfaces à donner leurs invendus encore consommables. Cependant, ces collectes ne suffisent pas à couvrir tous les besoins. Philippe de Mester précise que « ce que nous donnent les grandes surfaces ne suffit pas à asr un équilibre alimentaire dans nos stocks ».
Pour compenser la baisse des dons, la Banque Alimentaire est contrainte d’acheter des denrées alimentaires, une pratique qui était auparavant évitée. En 2025, son budget de fonctionnement était de 2 millions d’euros, dont 350 000 euros consacrés à l’achat de denrées, un niveau de dépenses sans précédent. L’association collabore avec 105 autres organisations pour distribuer des denrées dans 145 lieux, redistribuant chaque année près de 3 800 tonnes de nourriture. Malgré ces efforts, la paupérisation croissante de la population rend cette aide insuffisante.
Le nombre de bénéficiaires augmente, en particulier parmi les femmes âgées, les femmes isolées et les étudiants en situation de précarité. Des « zones blanches » persistent en Auvergne-Rhône-Alpes, où l’accès à l’aide alimentaire reste insuffisant.
Pour pallier ces difficultés, la Banque Alimentaire a mis en place un camion-épicerie qui sillonne les zones considérées comme « zones blanches ». Ce dispositif propose des denrées à 15 % de leur valeur, et près de 50 familles en bénéficient actuellement. L’association envisage également de créer une épicerie physique à l’avenir.
En novembre prochain, la Banque Alimentaire renouvellera sa grande collecte dans les supermarchés, espérant un nouvel élan de solidarité de la part de la communauté.
Source : Rue89 Lyon
