État d'urgence hydrique : le gouvernement dégaine, explique et réorganise | Gabonreview.com

État d’urgence hydrique : le gouvernement dégaine, explique et réorganise

Cinquante-cinq véhicules saisis, des tarifs divisés par six, une armée de sapeurs-pompiers et de militaires mobilisée : l’État reprend en main toute la distribution de l’eau à Libreville. Cette décision, attendue par des milliers de foyers à sec, est impulsée par une volonté affichée au sommet de l’État. Cependant, la transformation de cette annonce en une réalité tangible reste à prouver.

Au lendemain d’un blocage soudain de la filière parallèle de distribution d’eau à Libreville, le gouvernement a expliqué les motifs de cette opération. Dans un communiqué du 1er juillet, le ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye, a déclaré l’état d’urgence hydrique sur tout le territoire, en s’appuyant sur l’article 159 de la loi n°011/2023.

Le ministre a souligné que « toute exploitation de la vulnérabilité des populations, à des fins commerciales illégales, sera traitée avec la plus grande fermeté ». Cette déclaration met en lumière la gravité des actes reprochés à certains agents de la SEEG, qui auraient profité de la pénurie pour vendre l’eau à des prix exorbitants, jusqu’à six fois plus cher.

Le communiqué révèle également l’implication d’agents de la SEEG dans un commerce illégal de l’eau, structuré via sous-traitance et prête-noms. Les prix pratiqués par ce réseau, jugé « tentaculaire », varient de 10 000 à 20 000 FCFA le mètre cube, bien au-dessus de la réglementation.

Cinquante-cinq véhicules ont été saisis, majoritairement appartenant à des ressortissants non gabonais, ce qui oriente le débat vers une prédation extérieure.

La logistique de distribution a été confiée aux Sapeurs-pompiers, à la Garde républicaine, au Génie militaire et à la Gendarmerie. Pour le Grand Libreville, un numéro vert, le 18, a été mis en place pour passer commande, avec des tarifs officiels fixés à 3 000 FCFA le mètre cube, 600 FCFA pour un fût de 200 litres, et 300 FCFA pour des livraisons de 100 litres.

Cependant, plusieurs questions demeurent. Le temps d’attente pour une livraison et la capacité opérationnelle ne sont pas précisés, laissant planer des doutes sur l’efficacité du dispositif. De plus, le sort des entreprises dépendant de l’eau, comme les hôtels et restaurants, n’est pas abordé dans le communiqué.

Le ministre a assuré que « des mes de faisabilité s’ajusteront de manière progressive », soulignant l’importance de la rapidité dans la mise en œuvre de ces ajustements pour garantir un approvisionnement en eau durable pour les foyers du Grand Libreville.

Source : Gabonreview.com

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