Frappés à coups de poing et de ceinture sur leur lieu de travail : l’ex-capo des Indians et sa compagne attaqués par cinq hommes cagoulés
EXCLUSIF. Les tribunes du Stadium de Toulouse traversent une crise sans précédent. Ce mardi 30 juin 2026, l’ancien président des Indians et sa compagne ont été violemment agressés devant leur lieu de travail à Rangueil par des individus cagoulés. Cette agression, sur fond de scission interne et de création d’un groupe dissident, le « Pirate Crew », met en lumière une lutte d’influence féroce pour le contrôle du virage. Entre menaces de représailles, interdictions de tribune et un passif disciplinaire lourd, la police nationale tente de démêler les fils d’une rivalité devenue hors de contrôle, alors que la direction du TFC cherche à préserver la sécurité de ses supporters.
Du supporterisme à l’hooliganisme, la frontière est parfois très fine. A-t-elle été dépassée ce 30 juin 2026 à Toulouse ? Cette question surgit après l’attaque d’un couple devant son lieu de travail ce mardi. L’ancien président du club de supporters des Indians et sa compagne ont été ciblés par de violents coups de poing et de ceinture assénés par cinq individus encagoulés. Une enquête a été immédiatement ouverte par le parquet de Toulouse, confiée à la police nationale.
Des travées du Stadium à la chronique judiciaire
Les investigations risquent de conduire les enquêteurs jusqu’aux tribunes du Stadium, et plus précisément au virage des Indians. C’est ici que la victime et sa compagne avaient leurs habitudes pendant dix ans. Le fan des Violets a même occupé la fonction de capo : debout, micro en main, il entraînait le public derrière lui pour animer chaque match du Téfécé. « Il ne faisait pas l’unanimité, parce que c’est un personnage clivant, mais il savait mettre l’ambiance », confie un abonné sous couvert d’anonymat.
Radiographie d’une scission chez les ultras
L’ancien responsable a été démis de ses fonctions en 2024 après une série de polémiques, notamment des « gestes de singe » lors d’un déplacement à Nice, puis des violences exercées sur de jeunes supporters. À la suite de ces faits, il « ne faisait plus l’unanimité et n’était plus soutenu » par le noyau dur des Indians. Le couple a reçu une vague de menaces de la part de suiveurs du TFC, qu’ils identifient comme des membres des Indians. Pendant des mois, le passionné des Violets a malgré tout continué à assister aux matchs depuis les tribunes latérales.
La bataille des tribunes est engagée
Il a ensuite décidé de créer son propre groupe ultra, le « Pirate Crew », qui compterait près de 300 dissidents majoritairement issus des Indians. Son créateur et sa compagne multiplient les rencontres avec la direction du club pour obtenir un emplacement dédié. Le TFC justifie son refus d’installer le Pirate Crew dans le virage opposé par des impératifs de sécurité, notamment en raison de la proximité du parcage visiteurs.
Une enquête policière sous haute tension
L’ex-capo et sa compagne, attaqués à 6 h 30 du matin devant leur lieu de travail, ont été profondément choqués par ce guet-apens. Les victimes auraient entendu l’un des assaillants lancer : « On sait où tu habites », avant d’être rouées de coups. Les enquêteurs vérifient également le lien avec l’agression d’un membre des Indians survenue la veille, soulevant l’hypothèse d’un match retour violent entre factions d’ultras. Les investigations dans ce milieu fermé s’annoncent particulièrement difficiles. Aucune plainte n’a été déposée à ce stade et aucune preuve matérielle ne permet encore de relier formellement les deux événements.
Sollicités, le président actuel des Indians et son prédécesseur n’ont pas souhaité s’exprimer pour l’heure.
Source : La Dépêche
