Mondial 2026 : de Lille à Philadelphie, Thierry et Ben, une amitié portée par la passion des Éléphants
Publié le : 30/06/2026 – 07:57
De notre envoyé spécial à Philadelphie
À la sortie du stade de Philadelphie, les sourires effacent la fatigue des 7 h 30 de route parcourues depuis Ottawa. La Côte d’Ivoire vient de battre Curaçao et d’écrire une nouvelle page de son histoire. Dans les tribunes, Thierry et Ben ont vécu ensemble ce moment tant attendu.
Leur histoire a commencé il y a près de vingt-cinq ans, sur les bancs de l’université à Lille. Deux jeunes Ivoiriens, expatriés, se sont retrouvés dans une communauté d’amis, un prolongement de leur famille restée au pays. Ben, originaire d’Abidjan, se souvient : « On se réunissait souvent, comme des frères. C’est là qu’est née l’affinité avec Thierry. »
Depuis, les chemins ont divergé. Thierry, consultant financier, vit à Émerainville, en Seine-et-Marne, tandis que Ben, qui a intégré l’armée canadienne en 2014, réside à Ottawa. Malgré les 5 000 kilomètres qui les séparent, ils ont maintenu leur amitié à travers des appels et des retrouvailles.
Le football, avec les Éléphants comme fil conducteur, a renforcé leur lien. En décembre dernier, Ben a proposé à Thierry de venir au Canada pour assister à un match du Mondial ensemble. Le rendez-vous a été fixé, et Thierry a pris un vol pour Ottawa avant de prendre la route vers Philadelphie.
Cependant, l’aventure a failli tourner court. Le billet promis à Ben par un ami n’arrivant pas, il a dû débourser 600 dollars pour entrer dans le stade. « Ça valait le coup. J’étais bien assis, juste derrière le banc des joueurs ivoiriens. C’était une bonne fête », a-t-il déclaré. Thierry, quant à lui, a eu plus de chance, remportant un tirage au sort pour obtenir son billet à 114 euros. Au total, son voyage lui a coûté un peu plus de 1 000 euros, incluant l’avion et les dépenses sur place.
Bien qu’ils aient dû penser au retour, aucun regret n’est à signaler. Les Éléphants poursuivent leur aventure avec un huitième de finale face à la Norvège. Ben a affirmé : « C’est le rêve de tout Ivoirien de voir au moins un match de Coupe du monde de la Côte d’Ivoire. Nous, on l’a fait. »
Leur passion pour le football et leur amitié demeurent intactes, même à distance, chacun suivant le match de la Côte d’Ivoire devant son écran, à Ottawa pour Ben et en France pour Thierry.
Source : RFI
