Canicule dans le Gers : des élèves évacués de leur école étouffante vers la salle des fêtes climatisée, les maires contraints à la débrouille

l’essentiel Alors que les épisodes de canicule se multiplient, les petites communes gersoises doivent composer avec des moyens limités. Entre ceux qui peuvent anticiper et les autres, l’écart se creuse quand le thermomètre grimpe… À Goutz, l’école est climatisée depuis près de vingt ans. À Saint-Georges, les élèves ont trouvé refuge dans la salle des fêtes.

Les épisodes de fortes chaleurs remettent la question du confort thermique des écoles au premier plan. Dans les petites communes rurales, où les budgets restent contraints, les réponses diffèrent selon les investissements réalisés au fil des années.

À Goutz, l’école, qui accueille 38 élèves de la grande section au CM2 dans le cadre d’un regroupement pédagogique de six communes, est climatisée depuis 2008. « Depuis, on l’entretient avec attention. Le matériel n’a pas été remplacé. On n’a pas évalué le gain réalisable avec de nouveaux équipements mais, pour le moment, tout fonctionne très bien », explique le maire Éric Laborde.

Anticiper les investissements

Lors des journées les plus chaudes, cet équipement a permis d’asr les cours. « Est-ce que cela est un point de satisfaction pour les parents ? En tout cas, cela nous a évité de procéder à la fermeture de l’établissement au moment le plus critique, ce qui a contenté tout le monde, je pense ! »

Pour l’élu, cette anticipation s’inscrit dans une politique plus globale d’investissement. « Nous avons climatisé l’école mais également un espace associatif et scolaire, pourvu de panneaux photovoltaïques en autoconsommation depuis 2022. On est attentifs à ça : avoir beaucoup d’argent sur le compte de la commune ne sert à rien si on n’investit pas l’argent public dans l’amélioration des bâtiments publics, pour le bien-être de la population. »

DDM

Relogés à la salle des fêtes

À une trentaine de kilomètres, la situation est tout autre à Saint-Georges. La commune de 198 habitants ne dispose pas d’école climatisée. Lorsque la chaleur est devenue trop importante, les 22 élèves de CM2 accueillis dans la classe unique ont été déplacés dans la salle des fêtes municipale, équipée d’une climatisation.

« L’instituteur a amené deux ventilateurs, et il y a des arbres qui procurent de l’ombrage, mais la chaleur était devenue intenable. D’autant que l’endroit sert aussi de cantine, c’était étouffant. Les écoliers sont donc allés dans la salle des fêtes », raconte le maire Jérôme Montfront.

La solution était la seule envisageable. « La mairie et la salle des fêtes, écroulées il y a six ans, viennent d’être rouvertes cette année : le bâtiment dispose de la PAC et de la climatisation. L’école, elle, a déjà le toit qui fuit, donc on n’est pas à la veille d’y poser la climatisation. »

Le système D pour boussole

Dans cette commune sans employé municipal, où le maire répond lui-même aux urgences du quotidien après les intempéries, l’élu estime que « ces questions de canicule vont devoir être prises en compte par les maires de villages. Je le vois autour de la commune, aucun maire n’a anticipé la canicule ou la tempête. On tient avec la débrouille. »

Il attend une partie de la solution de la communauté de communes de Bastides de Lomagne (CCBL), qui annonce un plan intercommunal de sauvegarde (PICS) à l’échelle de ce territoire. « Cela permettrait d’avoir des protocoles pour réagir dans de telles circonstances à l’échelle de la CCBL, en plus des réponses que chaque municipalité peut apporter », espère le maire de Saint-Georges.

La CCBL, comme d’autres collectivités gersoises, veut mettre à plat la coordination et la solidarité entre les communes, à travers des procédures définies : « Comment gérer les onze écoles de la communauté de communes, en cas de canicule, selon que l’école est climatisée ou pas, etc. Le PICS va tout détailler, pour que l’information et les modes de décision soient connus de tous, et faciliter la réponse face aux difficultés. »

Source : La Dépêche du Midi.

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