Non, le Nutri-Score obligatoire n’est pas une menace pour l’agriculture française

Le Nutri-Score, un système d’étiquetage nutritionnel, pourrait devenir obligatoire en France. Cette me susciterait des craintes parmi certains agriculteurs et acteurs des filières alimentaires, qui y voient une menace pour les produits locaux et les circuits courts. Cependant, ces préoccupations semblent reposer sur des confusions entretenues par des acteurs économiques, notamment de grands groupes agroalimentaires.

Le Nutri-Score a été conçu pour informer les consommateurs sur la qualité nutritionnelle des aliments, et non pour évaluer leur lien avec le territoire ou leur valeur culturelle. Ainsi, plus de 87 % des aliments ultratransformés obtiennent des notes basses, souvent classées D ou E, tandis que près de 62 % des produits de terroir se situent en A ou B. Cette obligation d’affichage pourrait modifier les comportements d’achat en favorisant des choix plus sains.

Des études montrent que 62 % des aliments traditionnels sont classés A, B ou C. Les fromages et charcuteries, en raison de leur teneur élevée en acides gras saturés et en sel, sont souvent classés D ou E. Toutefois, cela ne signifie pas qu’ils ne doivent pas être consommés, mais plutôt qu’ils doivent l’être avec modération, conformément aux recommandations de santé publique.

Le débat public autour du Nutri-Score a été alimenté par des stratégies d’influence de certains segments de l’industrie agroalimentaire, qui cherchent à protéger leurs intérêts.

Dans un contexte où l’agriculture française fait face à une concurrence internationale croissante, la transparence nutritionnelle pourrait renforcer la crédibilité du modèle alimentaire français. En valorisant les produits peu transformés, le Nutri-Score pourrait contribuer à rééquilibrer un marché dominé par la standardisation industrielle.

L’extension du Nutri-Score aux aliments vendus en vrac, prévue dans le cadre de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat, pourrait également valoriser les productions agricoles locales.

Il est essentiel de construire une approche commune qui associe producteurs, consommateurs et pouvoirs publics, afin de renforcer la confiance et la qualité du modèle alimentaire français. L’enjeu n’est pas de choisir entre santé et agriculture, mais de construire leur avenir commun.

Source : L’Express

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