L'administration Trump restreint la capacité de visite parlementaire des lieux de rétention de migrants

Crédit : Anna Moneymaker/Getty Images

Le gouvernement américain a mis en place de nouvelles règles restreignant la capacité des parlementaires à visiter les lieux de rétention de migrants. Cette décision survient alors que l’administration Trump et l’opposition s’affrontent sur la question de l’immigration. Selon une circulaire du Ministère de la sécurité intérieure, datée de juin et consultée par l’AFP, l’agence fédérale chargée de l’immigration et des douanes (ICE) dispose d’un pouvoir « discrétionnaire » pour interdire ou interrompre une visite en cours. Les visites peuvent être annulées ou abrégées pour des raisons de sécurité, ou si « les responsables du site ou d’autres responsables de l’ICE estiment que cela est approprié ». Traditionnellement, la loi fédérale américaine permet aux membres du Congrès d’effectuer des visites de contrôle dans les installations de l’ICE sans préavis. Toutefois, la nouvelle directive distingue entre les centres de rétention pour migrants et les antennes locales de l’ICE, indiquant que ces dernières ne relèvent pas de la loi autorisant ces visites. Les élus doivent désormais soumettre une demande au moins trois jours à l’avance, sans garantie d’obtenir une autorisation. Plusieurs médias et élus affirment que des personnes interpellées par la police de l’immigration peuvent être détenues pendant plusieurs jours dans les antennes locales de l’ICE avant d’être transférées dans des centres de rétention. Bennie G. Thompson, élu démocrate à la Chambre des représentants, a qualifié ces nouvelles règles d' »affront à la loi fédérale et à la Constitution ». Il a accusé l’administration Trump de tenter de restreindre l’accès des membres du Congrès aux antennes locales. Cette décision s’inscrit dans un contexte de durcissement de l’action de l’ICE contre les immigrés clandestins, entraînant des manifestations et des tensions dans plusieurs villes américaines, notamment à Los Angeles. Le 9 mai, une visite d’un centre de rétention à Newark, dans le New Jersey, avait dégénéré en affrontement entre élus, manifestants et forces de l’ordre, entraînant l’inculpation de LaMonica McIver, élue de la Chambre des représentants pour le New Jersey, pour « agression » contre les agents de police. La lutte contre l’immigration clandestine reste une priorité de l’administration Trump depuis son arrivée au pouvoir en janvier. (Source : AFP)

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