La bière, vedette de la Coupe du Monde 2026, au cœur d’une guerre commerciale entre le Canada, le Mexique et les États-Unis
La bière, boisson emblématique des festivités, sera au centre de la Coupe du Monde masculine de football 2026, avec une consommation prévue de 560 millions de litres. Cependant, cette célébration est assombrie par des tensions commerciales entre les trois pays hôtes.
La guerre commerciale initiée par les États-Unis perturbe les économies canadienne et mexicaine, rendant la renégociation de l’accord commercial Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) en juillet prochain particulièrement délicate. Cette situation soulève des questions sur l’interdépendance des marchés brassicoles nord-américains, allant des champs d’orge aux canettes en aluminium.
Filière brassicole nord-américaine
Depuis l’adoption de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) en 1994, les échanges entre les États-Unis, le Canada et le Mexique se sont intensifiés, intégrant leurs systèmes productifs. Aujourd’hui, la filière brassicole est fortement liée : les États-Unis et le Canada produisent l’orge, le malt et le houblon, tandis que le Mexique, premier exportateur mondial de bières, fournit les États-Unis, deuxième marché mondial.
Les États-Unis : premier importateur mondial
Les États-Unis, deuxième producteur de bière derrière la Chine, consomment annuellement 23 milliards de litres, soit 67 litres par habitant. Le marché est dominé par ABInBev, Molson-Coors et Constellation Brands. Cependant, la production ne couvre qu’environ 80 % de la consommation intérieure, entraînant un déficit commercial significatif, notamment avec le Mexique, qui représente 82 % des importations.
Le Mexique : essor rapide avec l’ALENA
Le Mexique est le troisième producteur et quatrième consommateur mondial, avec une consommation moyenne de 58 litres par habitant. La filière est dominée par des groupes internationaux comme Grupo Modelo et Heineken. Le pays est également le premier exportateur mondial de bière, avec plus de 95 % de ses exportations destinées aux États-Unis.
Le Canada : brasserie artisanale et réglementation provinciale
Le Canada, quant à lui, est le 19ᵉ producteur et 16ᵉ consommateur mondial. Bien qu’il abrite plus de 1 200 brasseries artisanales, la majorité de la production est contrôlée par des multinationales. Le pays est le 9ᵉ importateur mondial, avec un excédent commercial d’environ 75 millions de dollars américains envers les États-Unis.
Guerre tarifaire sur la bière
Les tensions commerciales se sont intensifiées, notamment avec l’imposition de droits de douane de 25 % sur l’orge canadienne et de l’aluminium en 2025. Ces mes ont eu des répercussions sur les exportations de bière entre les pays, avec une chute de plus de 25 % des exportations américaines vers le Canada.
Conséquences
Ces tensions et mes tarifaires entraînent un morcellement progressif du marché de la bière en Amérique du Nord. Les brasseurs cherchent à diversifier leurs approvisionnements pour réduire leur exposition aux droits de douane. Les consommateurs, quant à eux, montrent un intérêt croissant pour les produits locaux, renforçant ainsi le patriotisme économique dans ce secteur.
En somme, la bière, bien plus qu’une simple boisson, devient un symbole des relations commerciales complexes entre le Canada, le Mexique et les États-Unis, à l’approche de la Coupe du Monde 2026.
Source : The Conversation
