Amélioration du Bouclier de la Démocratie Européenne : Des Propositions Adoptées par le Parlement
Mardi, la commission spéciale du Parlement européen sur le bouclier de la démocratie européenne (EUDS) a adopté ses conclusions et recommandations concernant la manipulation de l’information et l’ingérence étrangères (FIMI), les infrastructures critiques, la résilience numérique et médiatique, et la préparation civile. Ces propositions, adoptées par 20 voix pour, 9 contre et 2 abstentions, visent à renforcer le bouclier de la démocratie européenne.
Les députés ont exprimé leur soutien pour la création d’un centre européen pour la résilience démocratique. Ce centre devrait être établi par un acte juridique contraignant, comportant des paramètres opérationnels, un budget spécifique et une gouvernance impliquant tous les États membres. Il devra également intégrer les systèmes de coopération existants et être adaptable face aux menaces évolutives.
Le rapport souligne que la Russie demeure la principale menace pour l’intégrité démocratique de l’Europe, citant des attaques hybrides fréquentes, notamment des cyberattaques et du sabotage, également en provenance du Bélarus, de Chine, d’Iran et de Corée du Nord. Il préconise un renforcement des capacités des agences européennes pour contrer ces activités, ainsi que des sanctions élargies contre les facilitateurs de la désinformation.
Les députés recommandent également l’instauration d’une « Journée européenne de la préparation » le 24 février, pour commémorer l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ainsi qu’une application d’alerte de crise à l’échelle de l’UE.
Concernant la souveraineté de l’UE, le rapport appelle à réduire la dépendance aux technologies étrangères dans des secteurs critiques, en favorisant des partenariats plus fiables. Il insiste aussi sur l’importance d’appliquer les règles numériques actuelles aux plateformes, plutôt que de créer de nouvelles législations.
Pour protéger l’intégrité des élections, les députés proposent des mes contre les deepfakes et les publicités frauduleuses, ainsi que la protection des femmes candidates. Ils demandent également que les infrastructures électorales soient classées comme critiques et que des enquêtes soient menées sur des allégations d’espionnage.
Le rapport met en avant la nécessité de soutenir les médias libres et indépendants, en préconisant des engagements de financement à long terme et l’application d’interdictions sur les logiciels espions illégaux. Des programmes d’éducation aux médias sont également recommandés pour sensibiliser le public, en particulier les jeunes, aux contenus générés par l’IA.
Enfin, le rapport appelle à un soutien accru des délégations de l’UE à l’étranger pour les pays candidats à l’adhésion, visant à contrer la FIMI et à lutter contre la répression transnationale.
Le rapporteur, Tomas Tobé, a déclaré que la désinformation et l’ingérence hybride deviennent de plus en plus sophistiquées, et a souligné la nécessité d’un programme de réforme axé sur le renforcement des capacités opérationnelles.
Le Parlement européen devrait voter sur ce rapport lors de la session plénière de septembre.
Source : Parlement européen
