REPORTAGE.

« On a beaucoup d’appels, ça n’arrête pas » : à Paris, le Samu en surchauffe pendant la canicule

Hyperthermies, arrêts cardiaques, décès… L’ambulance du Samu ne cesse de faire des aller-retours et le centre d’appels est inondé de coups de téléphone : les secours font face à une très forte demande à Paris, en pleine vague de chaleur.

Il est seulement 14h, vendredi 26 juin, et l’équipe numéro 2 du Samu a déjà effectué cinq interventions. Le docteur Thibaut de Luze souligne : « On sort énormément. Cinq fois depuis ce matin, dont deux arrêts cardiaques non récupérés. Deux morts quasiment directement liés à la canicule. »

L’ambulance se dirige vers une victime, une jeune femme qui, après avoir arrêté sa voiture sur un parking, a commencé à faire des mouvements anormaux, suscitant l’inquiétude des passants. « Ce sont eux qui ont appelé les secours », explique le médecin. À leur arrivée, les pompiers constatent qu’elle a subi plusieurs crises convulsives en peu de temps. Bien que la situation semble grave, le médecin ras : « Ne vous inquiétez pas, on est là pour vous aider. »

Dans le centre d’appels du Samu, la situation est tendue. Jérémy, coordinateur assistant de régulation médicale, déclare : « On a beaucoup d’appels, ça n’arrête pas. Les urgences sont saturées. On est monté jusqu’à 21 appels en attente. » La majorité des appels proviennent de personnes âgées, souvent liées à des malaises ou des décès. « Habituellement, on n’en a pas autant », confie-t-il.

Le professeur Frédéric Adnet, chef du Samu de Paris, évoque une augmentation de la mortalité liée à la chaleur. « Beaucoup d’hyperthermies, d’arrêts cardiaques, et de patients retrouvés morts par leurs proches. » Bien qu’il soit encore trop tôt pour établir des comparaisons avec la canicule de 2003, qui avait causé 15 000 décès, les services de secours craignent un nombre élevé de victimes.

Les températures commencent à redescendre, mais les effets de la canicule continuent d’affecter les populations vulnérables. Les secours s’attendent à devoir gérer un afflux de patients au moins jusqu’à mercredi.

Source : franceinfo

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