Le pire de « La France Empire » : Une enquête sur les bless des territoires colonisés
L’album « La France Empire », récemment publié dans La Revue dessinée, aborde la face sombre de l’histoire coloniale française à travers huit chapitres. Sous-titré « Enquête sur les bless des territoires colonisés », l’ouvrage explore des événements marquants et souvent méconnus, allant de la Guyane à l’île de la Réunion, en passant par l’Algérie et la Polynésie.
Chaque chapitre présente des enquêtes approfondies, mettant en lumière les témoignages de survivants et de leurs descendants. Ces récits évoquent un empire colonial qui a, selon les mots des auteurs, « tué, violé, déshumanisé, arraché partout où il est passé ». Ces atrocités ne se limitent pas au XIXe siècle, certaines ayant eu lieu très récemment.
Le premier chapitre se concentre sur l’épisode de Thiaroye, près de Dakar, le 1er décembre 1944. Ce jour-là, des tirailleurs sénégalais, en quête de leur solde, ont été massacrés. Bien que la version officielle ait longtemps parlé de mutinerie, les témoignages concordants ont conduit à une reconnaissance des faits, le nombre de victimes restant incertain, mais pouvant atteindre des centaines.
La guerre d’Algérie est également abordée, mettant en exergue les comportements militaires, notamment les tortures et les violences sexuelles systématiques infligées aux femmes algériennes, souvent qualifiées de « défoulement de la soldatesque ».
En Polynésie, les essais nucléaires ont laissé des populations irradiées, tandis qu’en Nouvelle-Calédonie, la colonisation a engendré des tensions sociales entre indépendantistes et loyalistes. En Guyane, des jeunes autochtones ont été scolarisés et christianisés de force, perdant ainsi une partie de leur culture, un phénomène qui perdure jusqu’en 2023.
L’île de La Réunion est mise en lumière pour deux raisons : l’envoi, à partir de 1964, de plus de 2 000 mineurs vers l’Hexagone, et le phénomène de l’engagisme, qui a concerné dès 1828 environ 200 000 travailleurs d’origine indienne, souvent traités comme des esclaves.
Le dernier chapitre traite du pillage des œuvres africaines, mettant en avant la nécessité de restituer ces objets d’art, souvent exposés dans des musées comme celui du quai Branly, où seulement 1 % des collections africaines est visible.
En conclusion, l’ouvrage souligne un déni systémique que la France devrait enfin reconnaître et dépasser.
Source : Didier QUELLA-GUYOT, BDzoom.com
