La “pregorexie”, ce “danger caché” qui pèse sur les futures mères

La « pregorexie » : un danger caché pour les futures mères

Ces dernières années, les troubles du comportement alimentaire ont gagné en visibilité. Toutefois, un sujet demeure largement méconnu : la « pregorexie », un terme qui combine « pregnancy » (grossesse) et « anorexie ». Selon la BBC, la grossesse est une période où les femmes sont particulièrement vulnérables au développement de troubles alimentaires.

Megan Galbally, psychiatre à l’université Monash en Australie, décrit cette expérience comme « monter dans un train sans pouvoir en descendre ». Les changements corporels et la prise de poids peuvent entraîner un sentiment de perte de contrôle chez certaines femmes. Elizabeth Claydon, jeune maman aux États-Unis, partage son ressenti : « J’ai eu l’impression de me réveiller dans un corps qui n’était pas le mien. »

La pression sociale et professionnelle sur l’apparence physique des femmes enceintes contribue à créer un terreau fertile pour une obsession malsaine liée à leur image. Les risques associés à la pregorexie incluent des carences nutritionnelles, une détérioration du tissu osseux ou musculaire, et un risque de complications presque doublé, tant pour la mère que pour l’enfant.

Historique, cette problématique est restée sous le radar des obstétriciens, sages-femmes et professionnels de la santé mentale. À ce jour, il n’existe aucun traitement médical ou thérapie comportementale spécifiquement conçus pour les femmes enceintes. Les médecins se tournent souvent vers des solutions génériques, telles que le suivi psychologique et les groupes de parole, qui ne sont pas toujours adaptées.

Environ 70 % des femmes enceintes ou venant d’accoucher se déclarent insatisfaites de leur image, et entre 5 et 7,5 % répondent aux critères de troubles alimentaires. Cependant, la prévalence réelle de la pregorexie reste difficile à évaluer, en raison d’un manque de dépistage et de recherches. Les femmes qui tentent de partager leurs expériences se heurtent souvent à des jugements, avec des commentaires tels que « avoir un bébé devrait suffire à vous combler de joie », comme le souligne Gemma Sharp, psychologue clinicienne en Australie.

Megan Galbally a observé une augmentation des cas d’anorexie mentale grave chez les femmes enceintes dans son hôpital en 2019, juste avant le pic mondial des troubles alimentaires en 2020 et 2021. Linda Shanti, psychologue new-yorkaise, rappelle que « tout le monde peut plonger dans les troubles alimentaires, mais personne ne s’en sort seul ». Il est peut-être temps de prendre ce phénomène au sérieux.

Source : BBC

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