À Nantes, les visions oniriques et technologiques de Justine Emard

À Nantes, les visions oniriques et technologiques de Justine Emard

Nantes, 19 juin 2026 – Justine Emard, artiste française née en 1987, présente sa première grande exposition personnelle en France, intitulée Rêves premiers, au Lieu Unique. Cette exposition met en lumière la thématique du rêve, souvent perçue comme une vision éphémère et insaisissable, et explore comment ces expériences peuvent transcender la productivité et le capitalisme.

Pour cet événement marquant, Emard a choisi de rassembler dix œuvres, un nombre restreint qui souligne l’importance qu’elle accorde à chaque projet. Son travail s’articule autour de collaborations avec des scientifiques et des laboratoires, intégrant des installations monumentales, des petites sculptures, ainsi qu’un jeu vidéo interactif.

Espace mental

Justine Emard, diplômée de l’Université d’Oklahoma et de l’École d’art de Clermont-Ferrand, invite le public à vivre une expérience intime à travers son œuvre Somnolux (2026). Pour cette installation, elle a séjourné dans une unité d’exploration du sommeil à Toulouse, où les activités cérébrales enregistrées ont été traduites en données physiologiques. Ces données sont ensuite transformées en signaux lumineux, créant une immersion dans l’espace du Lieu Unique.

Emard précise que son intention était d’étudier comment un espace peut devenir « un être qui respire et qui vit ». Le résultat, à la fois esthétique et technologique, offre une expérience de vie unique, illustrant son affirmation : « C’est comme si on entrait dans mon cerveau ».

Dans les songes des astronautes

Son parcours artistique, marqué par une décennie d’exploration dans le domaine de l’art numérique, se manifeste également à travers une collaboration avec le CNES (Centre national d’études spatiales). En 2023, elle a enregistré la nuit de sommeil d’un astronaute, transformant ces données en un jeu vidéo interactif. Ce dernier permet aux utilisateurs de plonger dans les pensées secrètes de l’astronaute, représentées par des faisceaux lumineux en mouvement.

En plus de ces créations, l’exposition présente une vingtaine de sculptures translucides, des impressions 3D de rêves d’astronautes, ainsi qu’une fresque inspirée par les peintures de la grotte Chauvet. Emard a utilisé une intelligence artificielle générative pour créer des motifs pariétaux.

Le passé convoqué grâce à la technologie

L’artiste s’intéresse également à la manière dont des éléments anciens peuvent être réanimés grâce à la technologie. Lors de son exposition Exovisions en 2018, elle a présenté un ensemble de minéraux et de fossiles, qui s’animent lorsqu’ils sont observés à travers un smartphone.

Son jeu vidéo Chim[AI]ra (2024) met en scène des créatures algorithmiques évoluant dans des paysages désertiques, abordant des thématiques contemporaines telles que le changement climatique. La fin de l’exposition est marquée par Le Chant des sirènes (2026), une installation sonore qui, à travers des alarmes douces, évoque la manière dont le numérique exploite les ressources planétaires.

L’exposition Rêves premiers se tiendra du 19 juin au 30 août 2026 au Lieu Unique, Quai Ferdinand Favre, à Nantes. Pour plus d’informations, consultez le site officiel.

Source : Beaux Arts Magazine

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