Ennui, discipline, endorphines… Pourquoi des sportifs s’entraînent aux heures les plus chaudes malgré la canicule ?
Actuellement, les trois quarts des départements français sont en vigilance maximale contre la canicule. Les températures atteignent des sommets, avec des nuits suffocantes. À Paris, le ministère de la Santé a enregistré 25 arrêts cardiaques en 24 heures, un chiffre bien au-dessus de la moyenne habituelle de 10. Parmi les victimes d’hyperthermie, on trouve des jeunes en bonne forme physique, dont certains sont des sportifs qui ne peuvent se passer d’entraînement.
À Paris, Thomas, la trentaine, court le long des quais de Seine sous un soleil de plomb, le thermomètre affichant 37 degrés. Il déclare ne pas courir beaucoup, seulement « 7-8 kilomètres ». « Je m’ennuyais un peu, je suis en déplacement cette semaine à Paris », explique-t-il.
Non loin, un entraînement de boxe se déroule à l’ombre d’un pont. Le coach, Luis, adapte son entraînement : « Là, généralement, il ne fait que deux minutes, je lui laisse deux minutes de pause. » Julien, un boxeur amateur, reconnait que le timing est mal choisi, mais la discipline l’oblige à poursuivre. « On fait quand même attention, s’il y a la tête qui tourne, on fait une pause, le but c’est pas non plus de finir à l’hôpital », as-t-il.
Luc et Baptiste, deux amis en musculation, s’apprêtent à faire une séance sous 38 degrés à 17 heures. Luc admet : « On ne suit pas les meilleurs conseils non plus. » Baptiste, avec sa bouteille d’eau, ajoute qu’ils arrêteront dès qu’ils ne se sentiront plus capables.
Les deux amis cherchent à obtenir des endorphines, hormones responsables d’une sensation de bien-être. « Si je n’ai pas ma dose de sport, je ne suis pas bien », déclare Luc. Hervé Martini, médecin du sport addictologue à l’hôpital Paul-Brousse à Paris, souligne que les sportifs peuvent avoir du mal à se reposer ou à réduire l’intensité de leur entraînement. Il recommande de privilégier des horaires décalés, de rester à l’ombre, de faire des pauses, et de choisir des activités moins intenses.
La canicule, bien que difficile à gérer, ne semble pas décourager ces sportifs, qui continuent à s’entraîner, parfois au péril de leur santé.
Source : France Inter