Hantavirus : vers une épidémie ? Les différents scénarios décryptés par le Pr Antoine Flahault – L'Express

Hantavirus : vers une épidémie ? Les différents scénarios décryptés par le Pr Antoine Flahault

Tout semblait bien commencer à bord du MV Hondius, un navire de croisière luxueux en mer du Sud, au départ d’Ushuaia, la ville la plus au sud de l’Argentine. Un couple néerlandais, âgé de 69 et 70 ans, a embarqué après quelques jours en Argentine. C’est à ce moment-là que l’on pense qu’un des membres du couple a contracté le virus des Andes, le seul hantavirus connu pour être transmissible entre humains. Par la suite, le virus s’est propagé à bord.

Le virus des Andes avait déjà causé plusieurs foyers épidémiques, dont une épidémie en Argentine entre 2018 et 2019, documentée dans la revue New England Journal of Medicine. Cette épidémie a touché une centaine de personnes, avec 34 cas d’infection, tous présentant des symptômes, et plus de la moitié nécessitant des soins intensifs. La durée d’incubation de la maladie varie de 8 à 40 jours, avec des symptômes d’infection respiratoire sévère. La létalité du virus est alarmante, atteignant 32 %, ce qui est très élevé comparé à d’autres agents infectieux respiratoires.

Actuellement, il existe plusieurs inconnues concernant cette épidémie. Bien que huit personnes aient été identifiées comme infectées, le mode de transmission du virus au couple index reste à éclaircir. Les autorités de santé envisagent diverses hypothèses, notamment une contamination par contact avec des rats ou d’autres personnes en Argentine.

Concernant la contagiosité, il reste incertain si les personnes infectées le sont durant leur période d’incubation. Les recherches continuent pour déterminer si la souche actuelle présente des mutations significatives par rapport aux précédentes.

Les scénarios pour l’évolution de cette épidémie varient. Le scénario optimiste prévoirait un contrôle rapide de l’infection grâce à des mes de quarantaine, tandis qu’un scénario pessimiste pourrait aboutir à une propagation incontrôlée. Les similitudes avec le SRAS en 2003 soulèvent des inquiétudes, mais le virus des Andes est connu depuis 1995 et n’a jamais causé d’épidémies en dehors du continent américain. De plus, un candidat vaccin est déjà en développement.

En conclusion, cette épidémie met en lumière l’interconnexion mondiale actuelle. L’OMS a rapidement pris en charge la coordination des efforts internationaux face à cette menace, soulignant l’importance d’une réponse collective face à des agents infectieux potentiellement virulents.

Source : L’Express, Pr Antoine Flahault, Université Paris Cité, Inserm UMR 1137, Hôpital Xavier Bichat

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