Grand Prix du Castellet : une facture de 100 millions d’euros et une gestion contestée
La Cour régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d’Azur a publié le 24 juin un rapport critique sur le Grand Prix de Formule 1 du Castellet, dans le Var. Ce document évoque des dépenses publiques considérables, une gestion incohérente, et des retombées économiques décevantes.
Le projet, relancé en 2016, promettait des retombées financières significatives. Cependant, l’organisation du Grand Prix s’est révélée être un échec économique, en grande partie dû à sa gestion. Le rapport souligne un « modèle économique structurellement déficitaire malgré des succès de fréquentation ». La facture totale s’élèverait à 100 millions d’euros, représentant des sommes d’argent public captées pour des intérêts privés.
Le Groupement d’Intérêt Public (GIP), créé pour gérer l’événement, regroupe des acteurs publics tels que la région, des collectivités territoriales, ainsi que deux Chambres de Commerce et d’Industrie. Malgré des investissements publics conséquents, les bénéfices financiers ont principalement profité à Formula One Management (FOM). Le rapport indique que « les recettes les plus profitables sont captées par le groupe FOM », qui a imposé des règles contractuelles strictes, limitant ainsi les revenus du GIP.
Les conclusions du rapport mettent en lumière une « situation de dépendance » du GIP vis-à-vis de ses partenaires, et précisent que « la contribution financière de l’ensemble des membres du GIP dépassera 99 millions d’euros ». En outre, le rapport mentionne une « volonté prégnante de présenter les budgets à l’équilibre », alors qu’il était clair depuis 2019 que les ressources du GIP étaient insuffisantes.
Le rapport critique également le manque de contrôle de la part des investisseurs publics, qui ont approuvé des résultats déficitaires sans véritable analyse. Christian Estrosi, président du GIP, a défendu son rôle en arguant qu’il ne s’agissait pas d’une gestion économique mais d’une orientation stratégique.
En outre, le GIP a contourné les règles de la commande publique, avec dix marchés conclus de manière irrégulière. Dans un contexte de désastre financier, 550 000 dollars ont été dépensés pour étudier la faisabilité d’un Grand Prix à Nice, alors même que le contrat avec la F1 ne serait pas renouvelé.
La Cour des comptes conclut que l’argent public dépensé pourrait ne pas avoir servi à des prestations concrètes, un élément inquiétant qui soulève des questions sur la gestion des fonds publics dans le cadre de cet événement.
Source : Chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d’Azur