Santé. Chlordécone : plus de 80 % de la population de Guadeloupe et Martinique contaminée, selon une étude

Chlordécone : Plus de 80 % de la population de Guadeloupe et Martinique contaminée selon une étude

Une étude récente de Santé publique France (SpF) révèle que plus de 80 % des adultes de Guadeloupe et de Martinique sont contaminés par le chlordécone, un pesticide dont l’utilisation a été interdite depuis plus de trente ans. Près d’un adulte sur six présente des niveaux dépassant le seuil de risque sanitaire.

L’enquête, intitulée Kannari 2, a montré que 81,3 % des adultes en Guadeloupe et 85,5 % en Martinique ont des traces détectables de chlordécone dans le sang. Cette étude a été réalisée auprès de 1 170 adultes en Guadeloupe et 1 150 en Martinique, et publiée récemment.

En ce qui concerne les niveaux de contamination, 14,3 % des adultes en Guadeloupe dépassent la valeur toxicologique de référence interne (VTRi) fixée à 0,4 microgramme par litre, un taux qui atteint 18,7 % en Martinique. Ce seuil est critique, car il indique que le risque d’effets sur la santé ne peut être exclu.

L’étude souligne également un lien significatif entre l’alimentation et la contamination. Les produits de la mer, tels que poissons, crustacés et mollusques, sont particulièrement associés à des niveaux d’imprégnation plus élevés. Jacques Rosine, délégué régional de SpF pour les Antilles, a précisé que certains aliments, bien que conformes aux normes, ne sont pas exempts de chlordécone.

Les résultats de cette étude interviennent alors que la cour d’appel de Paris a récemment confirmé un non-lieu dans le volet pénal du scandale chlordécone, mettant fin à deux décennies de procédures judiciaires. Ce contexte judiciaire a suscité de vives réactions parmi les parties civiles.

Classé comme agent potentiellement cancérogène depuis 1979, le chlordécone a été massivement utilisé aux Antilles depuis 1972, contaminant durablement des milliers d’hectares de terres agricoles, ainsi que les cours d’eau et le milieu marin. Sa présence dans les sols peut perdurer jusqu’à 600 ans.

Actuellement, une mission interministérielle est en cours pour définir les modalités d’indemnisation des victimes de cette contamination. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la loi Califer, qui reconnaît la responsabilité de l’État.

Source : Santé publique France

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