Canicule et vieillissement : la France n’est pas prête à faire face au réchauffement climatique
Un rapport publié par l’association Conséquences met en lumière les conséquences sanitaires du réchauffement climatique sur la population âgée en France. Alors que le nombre de personnes âgées continue d’augmenter, les effets des vagues de chaleur s’annoncent désastreux dans les années à venir.
En 2030, environ 7 millions de personnes de plus de 65 ans résideront dans des départements susceptibles de connaître des canicules aussi intenses qu’en 2003. Cela représente une exposition accrue dans 24 départements, avec jusqu’à 19 jours de chaleur extrême par an dans des zones comme la Corse-du-Sud, l’Ardèche ou les Alpes-Maritimes.
Le rapport souligne que les politiques mises en place après la canicule de 2003 sont insuffisantes face à l’ampleur croissante du problème. Actuellement, environ 1,5 million de personnes vivent dans des zones isolées, sans accès adéquat aux soins ou aux commerces, ce qui les rend particulièrement vulnérables lors des épisodes de chaleur intense.
Seule une personne sur dix est inscrite sur les registres communaux des personnes vulnérables, ce qui complique la mise en place d’une assistance efficace. Elodie Llobet, directrice du cabinet d’études GENERACIO, insiste sur la nécessité d’un recensement exhaustif pour mieux cibler les aides.
Les prévisions indiquent que les vagues de chaleur pourraient causer entre 7 000 et 13 000 décès par an en France entre 2030 et 2050. Cette situation est alarmante, car la France est plus vulnérable que ses voisins européens. En 2003, environ 15 000 décès liés à la chaleur ont été enregistrés en France, sur un total estimé de 23 000 à 26 000 en Europe.
Tarik Benmarhnia, épidémiologiste à l’Inserm et coauteur du rapport, appelle à la création urgente d’un fonds pour gérer les effets de la chaleur dans les territoires, soulignant que les mes prises jusqu’à présent restent insuffisantes.
Source : Rapport de l’association Conséquences, publié le 23 juin.