Un implant cérébral redonne la parole à un patient atteint de la maladie de Charcot
Un Américain de 47 ans, atteint de sclérose latérale amyotrophique (SLA), a réussi à communiquer de manière autonome grâce à une interface cerveau-ordinateur. Ce dispositif, qui traduit l’activité cérébrale en texte et permet de contrôler un ordinateur, a été utilisé chez lui pendant près de deux ans. Les résultats, publiés dans Nature Medicine et relayés par le Centre médical UC Davis, montrent que cette technologie est suffisamment robuste pour accompagner le quotidien, le travail et les échanges personnels sur de longues périodes.
Une précision inédite en conditions réelles
L’étude s’articule autour du parcours de Casey Harrell, qui a été implanté en 2023 avec quatre matrices de microélectrodes dans le gyrus précentral. Le patient décrit sa routine avec humour : « Je me lève, on me transfère sur mon fauteuil, je m’approche du bureau et puis on me branche à la Matrice, pour ainsi dire. » Grâce à cette configuration à domicile, son temps de connexion est passé de « d’une ou deux heures par semaine à plus de 70 heures ».
Les résultats obtenus dépassent les standards habituels des laboratoires, avec une vitesse moyenne de 56 mots par minute et une précision atteignant presque 99 % sur un dictionnaire de 125 000 mots. Ces performances techniques permettent une communication fluide et quotidienne pour les utilisateurs.
L’intégration numérique au service du lien social
L’équipe scientifique a réussi à transférer cette innovation de l’environnement clinique vers le confort du domicile. Le patient peut ainsi gérer ses courriels, naviguer sur Internet et converser avec ses proches. Cette combinaison de la saisie de texte par la pensée et du contrôle du pointeur as le maintien de son activité professionnelle, malgré sa paralysie sévère.
En parallèle, l’enregistrement continu de 3 800 heures de données cérébrales constitue une base de travail importante pour affiner les futures thérapies et comprendre les mécanismes de formation de la parole.
Source : UC Davis Health / BrainGate Clinical Trial
