Des millions de planètes pourraient se former autour des trous noirs supermassifs
Une étude récente publiée sur arXiv révèle que les disques d’accrétion entourant les trous noirs supermassifs, souvent perçus comme des environnements hostiles, pourraient en réalité abriter des millions de planètes géantes. Les chercheurs de l’Université du Colorado et de l’Université d’État du Nouveau-Mexique ont modélisé ces formations planétaires, révélant des conditions propices à leur émergence.
Les noyaux galactiques actifs, alimentés par des trous noirs dont la masse peut dépasser un milliard de fois celle du Soleil, sont des régions extrêmement énergétiques. Les disques d’accrétion qui les entourent sont constitués de gaz et de poussière, créant des jets de plasma à des vitesses proches de celle de la lumière. Traditionnellement, ces conditions ne sont pas associées à la formation de planètes.
Cependant, les chercheurs ont observé que les bords extérieurs de ces disques présentent des températures et des conditions similaires à celles des disques protoplanétaires, où se forment habituellement les planètes. De plus, ces disques contiennent une quantité de matière bien plus importante que celle que l’on trouve autour d’étoiles comme le Soleil, ce qui pourrait permettre la formation de millions de planètes autour d’un seul trou noir.
Le phénomène clé identifié est l’instabilité de flux, qui génère des filaments de poussière dans les bords externes des disques d’accrétion. Ces filaments peuvent s’agglomérer pour former des planètes, dont certaines pourraient dépasser la masse de Jupiter. Les simulations réalisées ont montré que des millions de ces planètes pourraient se former à quelques dizaines de parsecs du trou noir central.
Cependant, ces planètes ne resteraient pas fixes. Le modèle prévoit qu’elles migreraient vers l’extérieur, s’éloignant progressivement de leur lieu de naissance. La confirmation de ces théories par observation directe reste un défi, avec la technique de lentille gravitationnelle comme méthode prometteuse pour détecter ces planètes.
Les chercheurs soulignent que la détection d’un noyau galactique actif dans les bonnes conditions de lentille serait davantage une question de chance que d’observation planifiée, nécessitant des études complémentaires avant d’envisager une campagne d’observation ciblée.
Source : arXiv
