Affaire Lyhanna : le ministre de l’Intérieur réclame « la mutation d’office » de deux gendarmes
Les remous n’en finissent plus depuis la mort de Lyhanna dans le Gers. Ce lundi 22 juin 2026, une mission d’inspection a rendu ses premières conclusions concernant le traitement d’une plainte précédente visant Jérôme Barella. Le rapport met en lumière « des défaillances » qui appellent des sanctions, selon Laurent Nuñez.
Après la publication du rapport d’inspection liée aux révélations sur le suspect de la mort de Lyhanna, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé ce lundi 22 juin 2026 demander « une enquête de commandement pour faire la lumière sur les responsabilités de chaque intervenant » dans cette affaire. La mission d’inspection a mis en évidence des « défaillances » dans le traitement d’une plainte visant Jérôme Barella depuis août 2025.
Dans un communiqué, le ministre de l’Intérieur indique avoir « souhaité que le directeur d’enquête et le commandant de compagnie de Condom », dans le Gers, « fassent l’objet d’une mutation d’office dans l’intérêt du service et qu’ils soient placés dans des emplois hors exercice de la police judiciaire », relate l’AFP ce lundi 22 juin au soir.
Les deux gendarmes auraient failli à leurs obligations dans le traitement de la plainte déposée contre Jérôme Barella pour des viols répétés sur une enfant entre septembre 2024 et avril 2025. Le parquet de Toulouse a réagi immédiatement, ordonnant les premiers actes d’enquête compte tenu de la gravité des faits dénoncés, mais a ensuite transmis le dossier à Auch, dans le Gers, département où réside le mis en cause.
À partir de là, l’affaire s’est embourbée. Le dossier a été transmis par courrier, sans alerte spécifique, alors que le premier gendarme enquêteur avait constaté que Jérôme Barella « est connu dans le fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ) pour des faits similaires dans le cadre d’une procédure traitée en mai 2024 » par la gendarmerie de Fleurance (Gers). Faute d’alerte, la plainte n’a pas été traitée en priorité lorsqu’elle est arrivée au bureau d’ordre pénal du tribunal judiciaire d’Auch.
Une nouvelle erreur de transmission a encore allongé les délais de traitement. Ce n’est que le 22 janvier 2026 que la procédure a été enregistrée à la compagnie de gendarmerie de Condom, soit 5 mois et 7 jours après le dépôt de plainte, selon le rapport d’inspection. L’adjoint au commandant de la brigade de Lectoure s’est auto-désigné directeur d’enquête. À la mission d’inspection, il a déclaré qu’à la lecture du dossier, il aurait pu placer Jérôme Barella en garde à vue directement, « mais j’ai essayé de voir plus loin. De bétonner le dossier. »
Jérôme Barella n’a jamais été entendu avant la disparition de Lyhanna. « J’aurais voulu avoir le temps », a dit le directeur d’enquête à la mission d’inspection. Lorsque Lyhanna a été enlevée, le 29 mai 2026, l’enquête en était encore à entendre une nouvelle fois la maman de l’autre fillette qui avait porté plainte pour des viols répétés.
Source : AFP.
