L’occitan, une langue en quête de reconnaissance
Lors du Forom des langues du monde, qui s’est tenu fin mai à Toulouse, un journaliste de L’Actualité a rapporté s’être procuré un exemplaire d’un album de Tintin en occitan, intitulé Los Cigarros del faraon. Jean-Benoît Nadeau, l’auteur de l’article, souligne la parenté évidente entre l’occitan, le français, l’espagnol et l’italien, tout en précisant que l’occitan est distinct de ces langues. Il décrit l’occitan comme « la version moderne des langues d’oc », un groupe de dialectes dérivés du latin.
L’occitan, souvent qualifiée de « langue des troubadours », a été réglementée et a servi à rédiger des textes de loi avant même l’émergence du français. Cependant, son influence a diminué suite à la croisade contre les Albigeois (1209-1229), qui a conduit à son retrait des sphères politique, juridique et économique, la limitant à un usage local et oral.
Langue à part entière
Au XIXe siècle, un renouveau s’est fait sentir avec l’œuvre de Frédéric Mistral, Mirèio, écrite en provençal, qui lui a valu le prix Nobel de littérature en 1904. Malgré cela, les langues régionales en France continuent d’être « tolérées plutôt que valorisées ». Claude Sicre, organisateur du Forom, note que la gauche perçoit souvent les défenseurs de l’occitan comme des réactionnaires, tandis que la droite lui reproche son aspect traditionnel.
Le Forom a rassemblé des locuteurs de plus de 120 langues, soulignant que le mouvement occitaniste est « ouvert sur le monde ». L’article de L’Actualité indique que jusqu’au début du XXe siècle, la France était encore largement multilingue, avec au moins deux douzaines de langues anciennes parlées, principalement d’origine romane.
Actuellement, le nombre de locuteurs de l’occitan est estimé à « quelques centaines de milliers », une chute significative par rapport aux millions au début du XXe siècle, ce qui soulève des inquiétudes quant à l’avenir de cette langue.
Source : L’Actualité