C’est un dilemme douloureux : les députés indécis peuvent-ils faire basculer le vote sur l’aide à mourir ?

Les députés entament, lundi, une troisième lecture de la proposition de loi sur la fin de vie, avant une possible adoption définitive en juillet. Si les partisans du texte apparaissent toujours majoritaires, l’écart de voix avec les opposants s’est resserré au fil des débats.

L’aide à mourir va-t-elle finir par être légalisée en France ? Après plus de trois années de débat public sur l’euthanasie et le suicide assisté, les députés s’apprêtent à examiner, lundi 22 juin, pour la troisième fois, la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir. Cette nouvelle lecture, programmée sur une semaine, sera suivie d’un autre débat au Sénat, début juillet, avant un ultime examen par les députés en vue d’une adoption définitive le 15 juillet. Objectif du gouvernement : permettre l’entrée en vigueur de cette réforme sensible avant la fin du quinquennat, l’an prochain.

Depuis la première lecture de la proposition de loi en mars 2025, l’Assemblée nationale s’est prononcée à deux reprises en faveur de la possibilité pour certains patients, gravement malades et en souffrance, de mettre fin à leurs jours avec l’aide d’un professionnel de santé. Cependant, entre les deux scrutins, la majorité des suffrages exprimés (hors abstentions) s’est réduite, passant de 61 % de votes favorables (305 pour, 199 contre, 57 abstentions) à 57 % en février (299 pour, 226 contre, 37 abstentions).

Cette évolution soulève des questions sur un éventuel resserrement des résultats cet été. Claire Fourcade, responsable du plaidoyer de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs, souligne que « l’euthanasie, plus on en parle, moins on l’aime ». De même, la Conférence des évêques de France, opposée au texte, évoque une « importante fracture au sein de la représentation nationale ».

Un rejet du texte semble peu probable. Le député Renaissance Daniel Labaronne estime qu’une majorité est acquise pour l’adoption de cette proposition de loi, malgré le fait qu’il fasse partie des 18 élus ayant basculé vers le vote contre. En deuxième lecture, il a exprimé son horreur face à des propositions visant à élargir les critères d’accès à l’aide à mourir, notamment pour les adolescents.

Pour certains parlementaires, la décision de voter contre a été un déchirement. Anne-Cécile Violland, députée Horizons, admet que son vote est guidé par le besoin de protéger les plus vulnérables. Elle craint que des personnes fragiles n’accèdent à l’aide à mourir sans être pleinement conscientes de leur choix.

La nouvelle lecture de la proposition de loi pourrait confirmer le resserrement observé lors des deux premiers scrutins. Une partie de la réponse se trouve entre les mains des abstentionnistes, parfois encore indécis. Laurent Mazaury, député UDI des Yvelines, avoue qu’il est encore en train de cheminer dans sa réflexion, influencé par des professionnels des soins palliatifs.

Les résultats du vote solennel sont attendus le 30 juin, avant l’heure de vérité du 15 juillet.

Source : Franceinfo

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