Comment sont choisis les prénoms sur les bols bretons ?
Qui n’a jamais tourné les présentoirs, espérant trouver son prénom sur un bol bleu et blanc à oreilles ? Ce souvenir breton, emblématique du petit-déjeuner, continue de séduire de nombreux acheteurs. Cependant, la disponibilité des prénoms sur ces bols est le résultat d’une analyse minutieuse des tendances de consommation.
À la faïencerie de Cornouaille, qui fournit plus d’une centaine de commerçants en Bretagne et en Loire-Atlantique, les listes de prénoms sont établies sur la base de la demande en magasin, collectée depuis trente ans. « Ce n’est pas basé sur les listes de l’Insee », précise Xavier Dutertre, fondateur de l’atelier. Les données sont répertoriées dans un tableau Excel qui permet d’affiner les choix au fil des années.
Les magasins disposent généralement d’un seul exemplaire par prénom, ou de quatre à cinq pour les prénoms très populaires. Tous les cinq jours, la faïencerie réapprovisionne les commerçants en fonction des ventes.
Plusieurs milliers de prénoms
Chaque vendeur de bols bretons possède entre un et quinze présentoirs. Un commerçant avec un seul présentoir propose 224 bols ornés des prénoms les plus demandés, tandis qu’un autre avec quinze présentoirs peut offrir plus de 3 000 prénoms. La demande d’un prénom non disponible en boutique peut conduire à son introduction dans les listes, mais cela nécessite de retirer un autre prénom.
Internationalisation et effets de mode
Au fil du temps, la faïencerie a observé une diversification des prénoms. Des prénoms traditionnels comme « Marie » ou « Paul » coexistent avec des prénoms modernes tels que « Zoé », qui a mis une décennie à s’imposer. Des prénoms arabes comme « Mohammed » ou « Inès » sont également devenus courants, tandis que des prénoms nordiques et anglophones commencent à apparaître. En revanche, les prénoms asiatiques demeurent absents des listes.
Ce bol, longtemps considéré comme un simple produit d’art populaire, a évolué pour devenir un objet culturel, représentant une nostalgie pour certains acheteurs, tout en s’ouvrant à une clientèle plus éclectique.
Source : 20 Minutes
