Louise Nevelson

Louise Nevelson « Mrs. N’s Palace »

Exposition Centre Pompidou-Metz, jusqu’au 31 août 2026.

La rétrospective consacrée à Louise Nevelson, première en Europe depuis 1974, est présentée au Centre Pompidou-Metz. Ce long délai s’explique par des conflits juridiques entre héritiers, limitant l’exposition de ses œuvres. Son assistante, Diana MacKown, et son fils, Mike Nevelson, se disputaient la succession, rendant impossible la vente de ses œuvres pendant dix-sept ans.

Organiser une exposition sur Nevelson était déjà complexe de son vivant, car elle détruisait certaines œuvres pour en créer d’autres, adoptant ainsi une approche de recyclage. Ses assemblages en bois évoquent des bibliothèques magiques, peuplées de « bibelots-monstres », selon Jean Arp.

L’exposition, sous la direction d’Anne Horvath, vise à recréer les environnements que l’artiste considérait comme un tout. Chaque œuvre, souvent monumentale, est intégrée dans une narration collective, comme en témoigne The Royal Tides (1961), exposée à l’entrée.

Nevelson se définissait comme « Architecte de l’Ombre et de la Lumière », utilisant la lumière pour sculpter ses œuvres. Une pièce maîtresse de l’exposition est Moon Garden + One (1958), présentée dans une ambiance de lumière bleue sombre, inspirée par ses voyages au Guatemala et au Mexique.

L’exposition offre une vision complète de son univers, avec des œuvres emblématiques telles que Sky Cathedral (1958) et Dawn’s Wedding Feast (1959), ainsi que des estampes et collages inédits en France. Des captations de chorégraphies de Martha Graham et Merce Cunningham enrichissent le parcours.

La série Dream Houses, créée dans les années 1970, évoque les origines ukraino-juives de l’artiste, qui rêvait de sa « casa ideale », un refuge au milieu du chaos. Née Leah Berliawsky à Pereïslav, elle émigre aux États-Unis à l’âge de six ans, fuyant les pogroms.

Le catalogue de l’exposition, première monographie en français sur Nevelson, met en lumière son style vestimentaire unique. L’exposition se déplacera au musée Soulages à Rodez du 17 octobre 2026 au 7 mars 2027.

Source : Mariia Rybalchenko, Centre Pompidou-Metz.

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