Ebola en RDC : le difficile travail des équipes de terrain face à la défiance des populations
En République démocratique du Congo (RDC), la lutte contre Ebola s’intensifie alors que le virus circule déjà depuis plusieurs semaines avant sa détection officielle. L’Ituri se révèle être l’épicentre de l’épidémie, avec plus de 80 % des cas recensés. Selon les derniers chiffres, l’épidémie a causé 245 décès parmi 933 cas confirmés, tandis que 80 personnes ont été déclarées guéries. Sur le terrain, les équipes responsables de la désinfection, de la sensibilisation et des enterrements sécurisés opèrent sous une pression considérable, parfois au péril de leur vie.
Les interventions des équipes sur le terrain sont cruciales. Maman Furaha, hygiéniste, se déplace quotidiennement à l’hôpital général de Rwampara, en périphérie de Bunia. Couverte d’une combinaison de protection, elle désinfecte les lieux de passage des malades. Elle explique : « Je suis en train de décontaminer les bottes, les gants et les lunettes pour que le virus puisse mourir. Nous utilisons de l’eau savoneuse, de l’eau claire et de l’eau colorée. » Cependant, ces actions ne rencontrent pas toujours l’adhésion des populations locales. Son collègue Elior témoigne : « Tout récemment, les jeunes du quartier Kisoko m’ont agressé, ils m’ont jeté des pierres. C’est le plus grand défi. »
Les équipes chargées des enterrements font face à des défis supplémentaires. Dans une région où les rites funéraires sont essentiels, la gestion des dépouilles d’Ebola pose un problème délicat. Ramazani, chef d’équipe, souligne : « Ils ont l’habitude de laver les cadavres. Avec cette épidémie, ce n’est pas autorisé. Pour la famille, c’est vécu comme un sacrilège. » Cette situation affecte également les morgues, qui voient leur activité réduite en raison de la prise en charge systématique des dépouilles.
Les efforts de lutte contre Ebola en RDC sont donc entravés par la méfiance des populations, rendant le travail des équipes de terrain d’autant plus complexe.
Source : RFI
