Elle a quitté l’Ukraine en guerre pour partager sa passion de la cuisine à Dijon : Susanna vous attend au Refugee Food Festival
Originaire d’Arménie, Susanna a dû quitter sa vie en Ukraine à cause de la guerre. Elle s’épanouit aujourd’hui en tant que cheffe pour l’association KËR, qui participe à la 7e édition du Refugee Food Festival à Dijon. Le 20 juin, elle tiendra un atelier culinaire où elle partagera un bout de son histoire.
Le Refugee Food Festival investit les cuisines dijonnaises pour sa 11e édition nationale, la 7e dans la cité des Ducs. L’association qui favorise l’insertion des personnes réfugiées dans la restauration organise du 18 au 20 juin de nombreux événements, dont un atelier sur les spécialités arméniennes animé par Susanna.
Dans la cuisine de l’épicerie EpiSourire de Dijon, Susanna fait le point sur les courses. Il lui manque des choux pour certaines de ses recettes traditionnelles arméniennes. Elle commencera cependant par l’adjapsandali, un plat à base d’aubergines, de pommes de terre et de poivrons. Entourée de six commis de cuisine amateurs, elle se présente : « Enchantée, je suis Susanna. Je comprends bien le français, mais c’est dur pour moi de le parler. »
La cheffe travaille dans l’association KËR, qui vient en aide aux femmes migrantes et participe depuis 2021 à l’édition dijonnaise du Refugee Food Festival. Cet emploi est une fierté pour Susanna, qui a dû laisser derrière elle toute sa vie.
Susanna est née en Arménie avant de suivre ses parents en Ukraine, où elle a fondé sa famille et obtenu la double nationalité. Tout a basculé le 24 février 2022, lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. « J’ai tout laissé et je suis partie avec ma famille, parce que c’était devenu trop compliqué de rester sous les attaques russes. Ce n’était plus un endroit sûr, j’avais peur pour mes trois enfants », se souvient-elle.
Avec son mari, elle choisit la France comme refuge. Très vite, elle se heurte à la barrière de la langue. Quatre mois après son arrivée à Dijon, un ami lui présente Marie-Louise Faye, la fondatrice de l’association KËR. « Tout ce que j’ai pu lui dire, c’était ‘Bonjour’ parce que je ne connaissais que ce mot », plaisante-t-elle.
Susanna se dit « très reconnaissante » envers la France et Marie-Louise : « Je suis venue ici, je n’avais rien et je ne parlais pas français. On m’a donné un toit et j’ai trouvé un travail. » Elle ne souhaite pas retourner en Ukraine par peur et veut rester à Dijon, où ses enfants se sont bien intégrés et parlent français. La cheffe continue de s’épanouir chez KËR et compte former d’autres femmes ayant dû fuir leur pays.
Source : France 3 Régions.
