Affaire Lyhanna : Les premiers résultats de l’enquête administrative présentés au gouvernement
Les premières conclusions des inspections diligentées pour faire la lumière sur les dysfonctionnements dans le traitement de plaintes visant Jérôme Barella, soupçonné du meurtre de la petite Lyhanna, doivent être remises lundi au gouvernement qui a promis des sanctions en cas de défaillances avérées.
L’événement est très attendu, tant le drame de la mort de Lyhanna, une collégienne de 11 ans dont le corps a été retrouvé le 4 juin dans un silo d’une exploitation agricole désaffectée dans le Gers, a ébranlé la France. Ce fait divers a soulevé une immense vague d’émotion et provoqué une crise politique majeure pour l’exécutif, qui se débat pour proposer des solutions afin d’apaiser la colère dans le pays. L’affaire a également sérieusement porté atteinte au crédit de l’institution judiciaire et des enquêteurs.
Les rapports des inspections générales de la justice et de la gendarmerie, diligentés par les ministres de la Justice Gérald Darmanin et de l’Intérieur Laurent Nuñez, visent à identifier d’éventuels dysfonctionnements dans le traitement de plaintes et signalements concernant Jérôme Barella, 41 ans, avant la mort de la collégienne.
Certaines plaintes avaient été classées sans suite. Une autre, déposée en août 2025 par la mère de Rosa, une enfant de 10 ans ayant dénoncé des viols répétés, n’avait pas été suivie d’actes d’enquête suffisamment rapides. Gérald Darmanin a reconnu qu’il y avait eu des « défaillances graves » dans cette affaire et a présenté ses excuses au nom de la Justice, promettant des sanctions contre des magistrats si des fautes professionnelles étaient avérées.
Il a exclu de démissionner, arguant que ses directives de prioriser le traitement des dossiers d’atteintes aux personnes, y compris la pédocriminalité, n’avaient pas été pleinement appliquées. Il a également demandé aux procureurs généraux de reprendre l’intégralité des plaintes concernant les enfants, soit environ 70 000, d’ici au 14 juillet.
Le monde judiciaire, quant à lui, a exprimé sa préoccupation face à la situation. Le procureur général de France, Rémy Heitz, a souligné la nécessité de réexaminer entièrement les procédures pour éviter qu’une telle « catastrophe » judiciaire ne se reproduise.
Face à l’émoi de la société, qui s’est traduit par des manifestations à l’appel d’associations et de collectifs féministes, des mes ont été proposées pour renforcer la protection des enfants, notamment l’accélération des enquêtes sur les crimes visant des mineurs.
Source : Le Progrès
