Vénus tourne à l’envers : une catastrophe cosmique pourrait enfin expliquer pourquoi
Sur Vénus, le Soleil se lève à l’ouest et se couche à l’est. La planète tourne dans le sens opposé à celui de la plupart des autres planètes du Système solaire et si lentement qu’une journée y dure plus longtemps qu’une année. Cette rotation hors norme intrigue les astronomes depuis des décennies.
Souvent présentée comme la jumelle infernale de la Terre, Vénus possède de nombreux points communs avec notre planète. Son diamètre est proche de celui de la Terre, sa masse comparable et sa composition essentiellement rocheuse. Cependant, alors que la Terre est devenue un monde habitable, Vénus a évolué vers un environnement extrême, recouvert d’une atmosphère dense de dioxyde de carbone et soumis à des températures de surface dépassant les 460 °C.
La rotation de Vénus constitue l’une de ses caractéristiques les plus mystérieuses : alors que la plupart des planètes tournent dans le même sens que leur révolution autour du Soleil, Vénus effectue une rotation dite rétrograde. Un jour vénusien dure 243 jours terrestres, contre seulement 225 jours pour son année. Cela signifie que la planète met plus de temps à tourner sur elle-même qu’à effectuer une orbite complète autour du Soleil.
Depuis plusieurs décennies, les chercheurs tentent de comprendre l’origine de cette anomalie. Parmi les explications avancées figurent les effets des marées gravitationnelles exercées par le Soleil, l’influence de son atmosphère exceptionnelle et les conséquences d’une ou plusieurs collisions géantes survenues durant la formation de la planète.
Pour tester cette dernière hypothèse, une équipe menée par Cédric Gillmann, de l’École polytechnique fédérale de Zurich, a réalisé une série de simulations numériques de collisions entre une proto-Vénus et différents corps célestes. Ces simulations suggèrent qu’un impact géant survenu pendant les prémices du Système solaire pourrait être à l’origine de cette singularité.
Les résultats montrent qu’un large éventail de collisions est capable de produire une planète présentant des caractéristiques proches de celles observées aujourd’hui. Certains scénarios impliquent des objets représentant jusqu’à 10 % de la masse terrestre, soit des corps comparables à la Lune. Dans plusieurs cas, ces impacteurs frappent la jeune planète à des vitesses supérieures à 20 kilomètres par seconde.
Les simulations révèlent également que ces impacts génèrent relativement peu de débris en orbite, ce qui pourrait expliquer pourquoi Vénus ne possède aujourd’hui aucun satellite naturel, contrairement à la Terre dont la Lune est probablement née d’un impact géant.
La nouvelle étude ne réfute pas les hypothèses concurrentes, mais montre qu’une collision géante constitue une explication physiquement plausible. Les futures missions vers Vénus, qui doivent étudier sa structure interne et son histoire thermique avec une précision inédite, pourraient permettre de départager ces différents scénarios.
Si cette hypothèse se confirme, la rotation étrange de Vénus pourrait apparaître comme la cicatrice d’une catastrophe survenue il y a plus de 4 milliards d’années, séparant durablement le destin de deux planètes pourtant presque jumelles : la Terre et Vénus.
Source : Futura Sciences
