Plus de 225 tonnes de déchets sur la Lune : un héritage de la conquête spatiale
Les débris spatiaux sur la Lune, vestiges de la conquête spatiale, continuent de s’accumuler. Sondes, modules et rovers hors service forment un inventaire croissant, sans perspective de réduction. Les projets futurs, notamment le programme Artemis et les ambitions spatiales de la Chine, devraient encore alourdir ce bilan dans les années à venir.
Plus de 70 engins abandonnés, l’inventaire des débris spatiaux sur la Lune
L’histoire des débris lunaires a débuté le 13 septembre 1959, lorsque la sonde soviétique Luna 2 s’est écrasée volontairement sur le sol lunaire, devenant ainsi le premier engin artificiel à atteindre notre satellite. Selon le « Catalogue of Manmade Material on the Moon » publié par le NASA History Program Office, plus de 70 engins sont maintenant abandonnés sur la Lune.
Ces objets sont arrivés de quatre manières distinctes : certains ont été délibérément écrasés, comme les sondes du programme Ranger, tandis que d’autres, comme Surveyor 2, se sont écrasés accidentellement. D’autres orbiteurs ont été désorbités de manière contrôlée à la fin de leur mission, et certaines sondes, comme Luna 9, ont réussi un alunissage en douceur.
Le catalogue de la NASA recense également les artefacts laissés par les équipages Apollo, tels que des balles de golf, des outils et des drapeaux. Cependant, ces petits objets ne figurent pas parmi les 70 engins principaux. Le total dépasse en réalité 796 pièces, représentant environ 225 000 kilogrammes de matériel humain sur le sol lunaire.
Mars accumule aussi les épaves de ses expéditions
La planète Mars compte environ 17 modules, rovers et autres appareils laissés sur son sol. Certains se sont écrasés, comme Mars 2 en 1971, tandis que d’autres ont terminé leur mission avec succès. Par exemple, Viking 1 a été actif entre 1976 et 1982, et le petit hélicoptère Ingenuity a été retiré du service après 72 vols. La sonde MAVEN, considérée comme perdue par la NASA en 2025, pourrait également se retrouver sur Mars dans 50 à 100 ans.
Avec l’augmentation des vols vers Mars, chaque mission laisse au moins un étage de descente. Contrairement à la Lune, l’atmosphère martienne attire les objets en orbite vers le sol, ce qui fait que la masse totale d’artefacts sur Mars atteint déjà environ sept tonnes.
Recycler les épaves lunaires, un projet freiné par le droit international
Des équipes de recherche explorent la possibilité de recycler ces engins pour réduire les coûts de fret spatial. Chaque gramme envoyé depuis la Terre présente un coût élevé, et réutiliser les métaux des sondes abandonnées pourrait offrir un avantage considérable pour les futures bases permanentes. La NASA a lancé en 2024 le programme LunaRecycle Challenge pour développer ces technologies.
Cependant, le traité des Nations Unies sur l’espace de 1967 complique la situation. Ce texte stipule que chaque État conserve la juridiction sur les objets qu’il a envoyés, ce qui empêche la Chine de recycler une sonde américaine et vice versa. Actuellement, Pékin ne possède que quatre épaves lunaires, contre huit pour Washington. Tant que ce cadre légal demeurera, seules des négociations internationales permettront d’accéder à ces ressources abandonnées.
Source : NASA History Program Office
