Climat : la France cuit, et le gouvernement se félicite des (maigres) avancées
Le 17 juin, alors que la France subit des vagues de chaleur extrêmes pour la seconde fois en moins d’un mois, le ministère de la Transition écologique a présenté un bilan de son plan national d’adaptation au changement climatique (Pnacc), adopté en mars 2025. Dans un cadre préservé de la chaleur à l’hôtel de Roquelaure à Paris, Monique Barbut et son équipe ont mis en avant les avancées de ce plan, qu’ils jugent ambitieux et cohérent.
Parmi les réalisations notables, l’introduction d’une trajectoire de réchauffement de référence dans le Code de l’environnement, qui prévoit une augmentation de 4 °C d’ici la fin du siècle pour la France hexagonale. Ce cadre vise à intégrer l’adaptation au changement climatique dans tous les domaines de l’action publique. Le ministère a également salué l’adoption de nouveaux textes réglementaires, notamment un décret imposant aux employeurs d’adapter les postes de travail en période de forte chaleur.
Le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a annoncé des mes telles qu’une réduction de 5,5 % de la TVA sur les pompes à chaleur réversibles et l’intégration du « confort d’été » dans les projets de rénovation des quartiers prioritaires. Le ministère a insisté sur le fait que 85 % des actions prévues dans le Pnacc sont déjà engagées, ce qui est présenté comme un chiffre encourageant.
Cependant, des critiques émergent quant à la pertinence de ces avancées. Des acteurs associatifs pointent que ce pourcentage ne reflète pas une réelle préparation face aux enjeux climatiques. Beaucoup de mes sont jugées insuffisantes, se limitant souvent à des actions administratives comme l’organisation de réunions ou la création de groupes de travail.
Concernant l’approvisionnement en eau dans les territoires d’outre-mer, le gouvernement prévoit de lancer une étude de vulnérabilité, dont les résultats ne seront disponibles qu’en 2027. De même, les propositions pour adapter les hôpitaux à la chaleur semblent peu efficaces à court terme, laissant les soignants et les patients dans l’attente d’analyses sans mes concrètes immédiates.
Le budget alloué à l’adaptation au changement climatique est également en question. Le Fonds vert, qui soutient les collectivités dans leurs projets écologiques, a vu son enveloppe réduite de deux tiers en deux ans, passant de 2,4 milliards d’euros en 2024 à 837 millions d’euros en 2026. Des coupes budgétaires supplémentaires sont envisagées, ce qui pourrait compromettre l’efficacité des actions engagées.
Les rapports récents, notamment celui du Haut Conseil pour le climat, soulignent que les investissements dans l’adaptation sont jugés très insuffisants, et leur report pourrait entraîner des coûts plus élevés à long terme.
Monique Barbut a reconnu que la France est l’un des premiers pays à aborder ces questions, tout en admettant que des efforts restent à faire pour accélérer les actions face à l’intensification rapide du changement climatique.
Source : Reporterre
