Saint-Valentin : des rituels païens aux chocolats japonais, deux mille ans de traditions
Sous ses airs commerciaux, la Saint-Valentin est une fête aux origines multiples et empreintes de légendes. Rattachée à d’anciennes traditions antiques et médiévales, consolidée à travers de grands épisodes folkloriques, la fête des amoureux continue d’être célébrée chaque 14 février.
Dans l’Antiquité, les Grecs fêtaient le mariage de Zeus et d’Héra. C’est cependant dans la Rome antique que la Saint-Valentin trouverait son origine, bien qu’elle n’en ait pas encore le nom. À l’époque romaine, on célébrait chaque 14 et 15 février les Lupercales, une célébration païenne centrée autour de rituels de purification en l’honneur du dieu de la fécondité, Lupercus. Ces grandes fêtes, où débordements sexuels et sacrifices d’animaux étaient fréquents, furent jugées indécentes par l’Église catholique, qui les remplaça progressivement par la fête de la purification de la Vierge Marie, instaurée par le pape Gélase Ier au IIIe siècle.
À l’origine du nom, deux Valentins martyrs
Il se dit qu’à la même époque, un prêtre catholique, Valentin de Rome, aurait été emprisonné et exécuté pour avoir célébré des mariages chrétiens, malgré l’interdiction en vigueur. La date de sa mort, un 14 février, aurait inspiré le pape Alexandre VI à faire de Valentin le saint patron des amoureux. Un autre martyr, l’évêque Valentin de Terni, aurait également joué un rôle dans cette légende, ayant guéri le fils d’un orateur athénien, ce qui conduisit sa famille à se convertir au christianisme.
La date du 14 février correspond par ailleurs à la célébration des amours et des amitiés en Angleterre. Au XIVe siècle, de nombreux carnavals étaient organisés à cette date, qui coïncide avec le début de la saison des amours chez les oiseaux. Le Moyen Âge voit également émerger, en France et outre-Manche, l’amour courtois et ses attentions, donnant naissance aux traditionnelles cartes de Saint-Valentin.
Pour célébrer l’amour, la consommation
Aujourd’hui, la Saint-Valentin est devenue une fête largement commerciale. En 2024, plus d’un Français sur cinq a déclaré avoir offert au moins un cadeau pour cette occasion, selon une étude menée par Kantar Médias. La fête des amoureux est la troisième la plus rémunératrice après Noël et Halloween.
Cette dimension commerciale s’est également exportée jusqu’au Japon, où chaque 14 février, les femmes offrent des chocolats aux hommes, que ce soit à leur partenaire, à des collègues ou à des membres de la famille masculins. Le 14 mars, les hommes rendent la pareille en offrant du chocolat blanc si l’amour est réciproque. Aux États-Unis, le chocolat est également le cadeau le plus plébiscité.
En France, les fleuristes profitent particulièrement de cette fête, réalisant jusqu’à 10 % de leur chiffre d’affaires annuel le jour de la Saint-Valentin. Plus d’un million de fleurs sont achetées chaque année à cette date. Cependant, des voix s’élèvent pour remettre en question la prééminence de la rose rouge, souvent importée de Colombie ou du Kenya. Pour célébrer l’amour en février, il est recommandé de privilégier des fleurs de saison comme le mimosa, les tulipes, les renoncules et autres anémones.
Source : La Croix
