Procès du féminicide de Cavaillon :

Procès du féminicide de Cavaillon : perpétuité confirmée en appel

Pierre Quistrebert a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité ce mercredi 17 juin à l’issue du procès en appel qui s’est tenu devant la cour d’appel de Nîmes. Cette décision représente un soulagement pour la famille de la victime et les associations de défense des droits des femmes. En 2022, Quistrebert avait tué son ex-compagne, Malgorzata Splawska, surnommée « Maguy », en lui infligeant 32 coups de couteau à Cavaillon, dans le Vaucluse.

Le procès en appel s’est déroulé sur trois jours. Lors des réquisitions, l’avocat général Bertrand Baboulenne avait demandé la réclusion criminelle à perpétuité pour l’accusé, une demande qui a été suivie par la cour. Il est à noter qu’aucune période de sûreté n’a été imposée. La notion de « préméditation » a été retenue, qualifiant ainsi l’acte d’assassinat. Quistrebert a nié avoir prémédité le crime, malgré les éléments à charge présentés lors du procès.

La mère de Maguy a exprimé son soulagement, déclarant : « C’est un grand soulagement. Enfin, on peut faire le deuil. » Son frère a ajouté qu’ils pouvaient avancer sereinement en sachant que l’accusé ne sortirait plus de prison.

Des représentants d’associations de familles de victimes de féminicides ont assisté aux audiences. Sandrine Bouchait, présidente de l’Union nationale des familles de féminicide, a souligné l’importance de la peine de perpétuité, la qualifiant de symbole pour les familles qui ne reverront plus leurs proches. Elle a déclaré : « Maintenant, si tu tues ta femme, tu ne vas pas prendre quinze ans de prison. Tu vas faire perpétuité. »

L’avocat général a décrit le cas comme un « féminicide dramatiquement classique ». La famille de la victime a également décidé d’attaquer l’État pour « faute lourde », critiquant l’intervention des gendarmes qui n’ont pas éloigné Quistrebert de sa victime lors d’une dispute violente survenue le matin même du drame.

Selon des chiffres du ministère de l’Intérieur, en 2024, 1283 femmes ont été victimes de féminicides ou de tentatives de féminicide, directs ou indirects. L’association féministe NousToutes a rapporté 67 féminicides depuis le début de l’année 2026, soit un décès tous les deux jours.

Source : France 3 Provence-Alpes

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