Le musée interrogatif d’Hervé Fischer : un retour aux sources artistiques
Par Sylvie Chambon
Perpignan, à cent mètres du centre du monde, jusqu’au 17 avril 2026.
« Art. Avez-vous quelque chose à déclarer ? » Depuis plus de cinquante ans, l’artiste franco-canadien Hervé Fischer, également philosophe et théoricien de l’art sociologique, interroge l’humanité et son avenir.
Après une exposition au Centre Pompidou en 2017, le centre d’art contemporain de Perpignan présente son parcours à travers plus d’une centaine d’œuvres, sous la direction de la commissaire Marie-Laure Desjardins. Cette exposition célèbre également son retour en terres catalanes, où il a mené plusieurs actions depuis 1970.
Le Musée d’art moderne de Céret enrichit le « Musée interrogatif » avec le prêt de pièces majeures, telles que des éléments de la Pharmacie Fischer (1972) et les essuie-mains de l’Hygiène de l’art (1974). Ces œuvres témoignent de l’évolution de son travail, qui intègre des motifs récurrents, notamment celui de la main.
Pour Hervé Fischer, les arts, depuis les dessins préhistoriques, sont essentiels à la vie, sans hiérarchie. Ils se transforment en fonction des matériaux et des imaginaires, chaque œuvre étant un reflet de son époque et de ses codes.
Son « Musée interrogatif » aborde des problématiques contemporaines, telles que la mondialisation, la crise économique et l’environnement. En explorant le paysage, il établit des parallèles entre les courbes naturelles et les fluctuations boursières. Il présente également de grands formats avec des QR codes, que les visiteurs peuvent scanner.
Sa recherche picturale, à la fois sédimentaire et sensible, se veut un manifeste d’un « hyper-humanisme », une éthique de responsabilité partagée. La main, omniprésente, symbolise la solidarité et l’unité humaine. Dans ses dernières œuvres, elle se déploie dans des formes hybrides, évoquant des arborescences luxuriantes et des envolées joyeuses.
À 85 ans, Hervé Fischer continue de défendre sa foi en l’homme et en l’art face aux enjeux écologiques et civilisationnels.
L’exposition est accompagnée d’un livre, Musée interrogatif Hervé Fischer, publié par Artshebdomédias, regroupant les contributions de plusieurs auteurs.
Source : Sylvie Chambon
