Anne-Cécile Robert : « Il y a une bataille culturelle à mener pour revaloriser les notions de collectif et de responsabilité envers autrui » 3/3 – 50-50 Magazine

Il y a une bataille culturelle à mener pour revaloriser les notions de collectif et de responsabilité envers autrui

Anne-Cécile Robert, directrice adjointe du Monde diplomatique, met en lumière l’importance des valeurs pacifistes et humanistes dans le contexte mondial actuel. Face aux tensions internationales et aux menaces d’un conflit d’ampleur, elle souligne le rôle crucial de la société civile dans la promotion de la paix.

Dans un monde où des dirigeants tels que Vladimir Poutine, Donald Trump et Benjamin Netanyahu semblent privilégier la force au détriment de la diplomatie, Anne-Cécile Robert interroge la relation entre pouvoir, violence et masculinité. Toutefois, elle rappelle que des figures comme Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol, et Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, défendent des valeurs de paix. Elle fait valoir que le problème réside davantage dans la conception du pouvoir, souvent perçue comme verticale et coercitive, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes au pouvoir.

Robert insiste sur le besoin d’une réflexion sur un exercice collectif du pouvoir, qui favoriserait un partage des responsabilités et des valeurs. Elle déplore que les sociétés contemporaines favorisent l’individualisme, alimenté par les réseaux sociaux, au détriment de la responsabilité collective. Elle constate que la logique des droits, qui devrait aller de pair avec celle des devoirs, a été affaiblie, conduisant à une transformation de l’individu en un produit de consommation.

Elle souligne également que les femmes, souvent éduquées avec des valeurs de collectif, apportent une perspective essentielle dans les négociations de paix. La faible représentation féminine, avec seulement 10 % de femmes à la tête des États, est un signe de discrimination qui doit être combattu pour favoriser des modèles de gouvernance plus inclusifs.

Robert évoque les valeurs des sociétés africaines traditionnelles, qui privilégient le collectif, et appelle à une réhabilitation de ces principes. Elle prône une diversité sociale et culturelle, essentielle pour faire face aux défis actuels.

En conclusion, elle appelle tous les citoyens à se mobiliser pour changer le climat culturel actuel, souvent marqué par l’affrontement. Un engagement collectif est nécessaire pour contrer les mentalités guerrières qui peuvent exister chez certains dirigeants, mais qui ne reflètent pas l’état d’esprit général de la société.

Source : 50-50 Magazine, propos recueillis par Jocelyne Adriant-Mebtoul

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