
Arthur Chakhoian a inventé un caviste virtuel qui permet aux clients des supermarchés de choisir leur vin directement en rayon. Sa solution est déjà déployée dans quatre départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Il vise désormais Marseille dès cet été.
Dans la zone industrielle de la Grand’Colle à Port-de-Bouc, l’entrepreneur Arthur Chakhoian a développé une machine capable de conseiller les clients dans leurs achats de vins et spiritueux. Baptisée Elio, cette borne de près de deux mètres de haut utilise l’intelligence artificielle pour orienter les consommateurs parmi des milliers de références.
« Nous ne sommes pas là pour supprimer un métier ni pour créer une concurrence avec les cavistes. Nous sommes un appui pour les retailers », souligne Arthur Chakhoian. Originaire d’Azerbaïdjan et ayant grandi à Martigues, il commercialise cette innovation via sa société Etinsy depuis février 2026. Parallèlement, il dirige Secret Arts of Spirits, une entreprise basée à Saint-Mitre-les-Remparts, qui produit et commercialise des boissons sous onze marques.
Répondre au manque de conseil dans les rayons vins
Depuis Port-de-Bouc, Chakhoian as également l’assemblage et l’embouteillage de ses références. Au contact quotidien des enseignes de grande distribution, il s’attaque à une problématique majeure : comment accompagner le consommateur sans multiplier les dégustations et les animations commerciales, souvent coûteuses ?
En France, la grande distribution reste le principal canal d’achat de vin. Selon une étude YouGov réalisée en février 2026, près de neuf consommateurs sur dix ont acheté du vin au cours des douze derniers mois, dont 84% dans un supermarché ou un hypermarché. Cependant, ces rayons spécialisés manquent souvent d’un accompagnement pour orienter les clients parmi des centaines, voire des milliers de références.
14 000 références
En 2022, Chakhoian a commencé à explorer les possibilités offertes par l’intelligence artificielle. Trois ans plus tard, il a créé Etinsy pour commercialiser Elio, dont il détient l’intégralité de la propriété intellectuelle. Le projet a nécessité quatre années de recherche et développement, financées en grande partie sur fonds propres.
La première phase de déploiement d’Elio couvre quatre départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes : Rhône-Alpes, Haute-Savoie, Savoie et Isère. Actuellement, 280 supermarchés Leclerc, Intermarché et Système U ont opté pour Elio. Plutôt que de vendre sa borne, Etinsy a choisi un modèle locatif, avec un tarif de 249,95 euros par mois, permettant à l’entreprise de conserver la propriété de ses machines.
Entièrement autonome, Elio répertorie plus de 14 000 références, y compris les marques distributeurs. En moyenne, un magasin propose entre 1 000 et 1 200 références de vins et spiritueux. Pour constituer cette base de données, Etinsy a harmonisé les informations produits.
La borne guide le consommateur à travers plusieurs questions pour affiner sa recherche. Son fondateur a conçu une version numérique de lui-même comme conseiller virtuel, capable de scanner une bouteille pour obtenir ses principales caractéristiques. « Aucune publicité n’est intégrée à la borne. Elle s’appuie uniquement sur les caractéristiques des produits référencés et les attentes du client », précise Chakhoian. Il espère augmenter de 7% le chiffre d’affaires de ses clients, qui réalisent en moyenne 1,3 million d’euros dans les rayons vins et spiritueux.
Vers une ouverture imminente à Marseille ?
L’entreprise travaille sur une seconde version d’Elio. En discussion avec une enseigne de grande distribution, Chakhoian espère équiper plusieurs supermarchés à Marseille d’ici juillet 2026. La nouvelle version permettra de visualiser directement les rayons et de retrouver les recommandations antérieures. Un déploiement est également prévu dans un hypermarché de Bonneuil-sur-Marne, en région parisienne, où le rayon compte près de 3 700 références de vins et spiritueux.
Cet article est basé sur des informations de Made in Marseille.