Les États-Unis coupent l’accès aux modèles Fable 5 et Mythos 5 d’Anthropic : un précédent pour la souveraineté IA
Le 12 juin 2026, Anthropic a été contraint par le Département du commerce américain de suspendre l’accès à ses modèles d’IA les plus avancés, Fable 5 et Mythos 5, pour tous les ressortissants étrangers, qu’ils soient situés aux États-Unis ou à l’étranger. Cette décision marque la première application connue d’un contrôle à l’export concernant un grand modèle de langage, entraînant un bras de fer public et relançant le débat sur la dépendance technologique en Europe.
Anthropic a choisi de désactiver complètement ces modèles pour tous ses clients, y compris les utilisateurs américains, car il n’était pas en me de distinguer de manière fiable la nationalité de ses utilisateurs. Amazon Web Services, qui héberge ces modèles, a confirmé avoir révoqué l’accès pour tous les utilisateurs et toutes les régions.
Jusqu’à présent, les contrôles à l’exportation américains ciblaient principalement les matériels, comme les puces et serveurs, souvent destinés à la Chine. C’est la première fois qu’une telle me s’applique directement à un modèle de langage, affectant ainsi tous les clients internationaux d’un fournisseur d’IA.
La décision a été motivée par des préoccupations de cybersécurité. Selon Anthropic, le gouvernement américain aurait identifié une méthode de contournement (« jailbreak ») de Fable 5, permettant d’accéder à des capacités non bridées de Mythos. Anthropic a examiné cette démonstration, affirmant n’y avoir trouvé que des vulnérabilités déjà connues, présentes dans d’autres modèles qui ne sont pas concernés par cette restriction.
Les récits autour de cette décision divergent. David Sacks, co-président du Conseil consultatif présidentiel pour la science et la technologie, a déclaré que l’administration avait demandé à Dario Amodei, le dirigeant d’Anthropic, de corriger la faille ou de retirer le modèle, ce qu’il aurait refusé. En revanche, Anthropic conteste cette version, affirmant avoir eu seulement 90 minutes pour répondre à la directive sans avertissement préalable.
Au 15 juin, l’accès à ces modèles n’était toujours pas rétabli. Cette situation survient alors qu’Anthropic a déposé un dossier confidentiel pour une introduction en Bourse, valorisant l’entreprise à environ 965 milliards de dollars, soulevant des inquiétudes quant aux risques réglementaires.
En Europe, cette décision a suscité des réactions politiques variées, allant d’appels à renforcer la souveraineté technologique à des préoccupations sur la dépendance vis-à-vis des technologies américaines. Des personnalités politiques de divers horizons, en France comme aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, ont exprimé leurs craintes face à ce développement.
Cet épisode soulève des questions critiques pour les entreprises européennes, qui pourraient se retrouver sans accès à des outils essentiels en raison de décisions prises par des administrations étrangères, sans préavis ni recours immédiat. Cela souligne l’importance de réfléchir aux usages critiques pouvant supporter une interruption ou une restriction d’accès unilatérale.
Source : ActuIA