Conflit au Moyen-Orient : L’Iran exprime sa méfiance envers les États-Unis malgré un accord imminent
(Téhéran) Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré lundi que l’Iran ressent encore une « profonde méfiance » envers les États-Unis, malgré la signature prévue d’un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a souligné que cette méfiance découle d’une « longue histoire de méfaits des dirigeants américains ». Il a ajouté que « les États-Unis ont encore beaucoup à faire avant de gagner la confiance des Iraniens », précisant que l’accord annoncé, qui devrait être signé vendredi, ne représente qu’une étape pour réduire les tensions et mettre un terme à la guerre, déclenchée par une attaque américano-israélienne contre l’Iran le 28 février.
Dans le cadre de cet accord-cadre, l’Iran a annoncé qu’il facturerait des frais de service maritime aux navires transitant par le détroit d’Ormuz, au lieu d’imposer des péages. Baghaï a précisé que ces frais seraient destinés à couvrir les services de navigation, la protection de l’environnement et l’assurance des navires.
Les États-Unis et l’Iran ont déclaré avoir trouvé un accord, sans en divulguer les détails, pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient sur tous les fronts, y compris au Liban, avec une cérémonie de signature prévue à Genève. Le président américain Donald Trump a exprimé sa volonté de rouvrir le détroit d’Ormuz sans droits de passage et de lever le blocus naval américain, ajoutant que cela interviendrait immédiatement après la signature de l’accord.
L’annonce de cet accord a entraîné une chute d’environ 5 % des cours du pétrole, ramenant le prix du baril autour de 80 dollars, suite à une flambée des prix causée par le blocage de ce détroit stratégique, par lequel transitait en temps normal un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures.
Le premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a salué cette initiative comme un « pas historique vers la paix », bien que le contenu précis de l’accord n’ait pas été rendu public, laissant planer des incertitudes sur les divergences entre les deux parties.
Une source officielle libanaise a indiqué que le Liban n’avait pas été informé des termes de l’accord ni du calendrier d’application d’un cessez-le-feu dans le conflit opposant le Hezbollah à Israël. Le président libanais, Joseph Aoun, espère néanmoins que cet accord mettra un terme définitif aux hostilités dans son pays.
Du côté israélien, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a affirmé que « l’accord de Trump ne nous engage pas », tandis que le ministre de la Défense, Israël Katz, a précisé que l’armée israélienne resterait dans les zones de sécurité au Liban, en Syrie et à Gaza pour une période illimitée.
Les réactions des habitants de la région sont mitigées. À Téhéran, certains espèrent que l’accord principal sera signé et que les sanctions seront levées pour relancer l’économie. Cependant, d’autres expriment leur insatisfaction face à la situation actuelle, soulignant que leur gouvernement a conclu un accord avec un pays qui a causé des pertes humaines.
L’Iran a également indiqué que le document prévoit la « fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban ». Les négociations pour un accord définitif devraient débuter dans un délai de 60 jours, avec plusieurs sujets à discuter, notamment la levée des sanctions contre l’Iran et la question du nucléaire.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a salué cette initiative comme une « étape cruciale vers un règlement pacifique du conflit », tandis que l’Égypte espère qu’il s’agit d’un « tournant majeur » pour le Moyen-Orient.
Source : Agence France-Presse.
