Boualem Sansal quitte Gallimard pour Grasset : un tournant controversé
Mi-mars 2026, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal annonce son départ de Gallimard, son éditeur historique, pour rejoindre Grasset, propriété du milliardaire Vincent Bolloré. Il prépare un ouvrage relatant son année de détention en Algérie, sous le régime du président Abdelmadjid Tebboune. Toutefois, il refuse de publier ce livre dans la maison de la rue Sébastien-Bottin, à Paris.
Sansal déclare qu’Antoine Gallimard a suivi une ligne diplomatique favorable à l’Élysée pour faciliter sa libération. L’auteur du Serment des Barbares espérait une posture plus ferme à l’égard du régime militaire, similaire à celle adoptée par un comité de soutien dirigé par Arnaud Benedetti, un politiste conservateur. Pour attirer Sansal, Vincent Bolloré lui aurait proposé un million d’euros, une somme considérée comme exceptionnelle dans le milieu de l’édition. Cette situation marque le début de l’affaire dite « Sansal », suscitant une onde de choc à Saint-Germain-des-Prés.
De « l’affaire Sansal » à « l’affaire Nora »
Mi-avril, un second épisode survient avec le licenciement d’Olivier Nora, le PDG de Grasset. Depuis l’acquisition d’Hachette Livre par Bolloré en 2023, Nora était perçu comme un défenseur du pluralisme au sein de l’édition. Colombe Schneck, auteure chez Grasset et Stock, souligne qu’il garantissait une certaine indépendance face aux influences de Bolloré.
Cette série d’événements soulève des questions sur la liberté d’expression et l’indépendance des éditeurs en France, dans un contexte déjà tendu entre le pouvoir politique et le monde littéraire.
Source : La Vie.
