Débat des chefs : tensions autour du bilan de la CAQ et de la souveraineté
« La CAQ n’a pas été parfaite » et a commis des « erreurs », a reconnu Christine Fréchette, chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ), lors du deuxième débat des chefs mercredi. Cet aveu n’a cependant pas dissuadé ses adversaires de critiquer le bilan du gouvernement caquiste. Paul St-Pierre Plamondon, leader du Parti québécois (PQ), a été confronté à des questions plus difficiles que lors du premier débat et a dû défendre sa promesse d’organiser un référendum sur la souveraineté.
Christine Fréchette a ouvert le débat en admettant les erreurs de son gouvernement. Elle a ensuite attaqué son rival péquiste, affirmant que la tenue d’un référendum ajouterait de l’incertitude. « Je vais travailler sur vos priorités, il va travailler à planifier un référendum », a-t-elle déclaré.
Paul St-Pierre Plamondon a répliqué en critiquant le bilan de la CAQ, la qualifiant de source d’instabilité pour les quatre prochaines années. « Ce serait un autre quatre ans d’un mauvais gouvernement qui gaspille à tout vent les fonds publics », a-t-il affirmé.
Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec, a également pris la parole pour dénoncer le bilan économique de la CAQ. Il a évoqué des exemples de gaspillage, comparant les dépenses à des achats en gros chez Costco. Christine Fréchette a tenté de recentrer le débat sur le référendum, mais sa réponse a semblé hors sujet, ce qui a été exploité par Milliard.
Le débat a également mis en lumière des divergences sur la question de la souveraineté. Quand le sujet a été abordé, deux camps se sont clairement formés : d’un côté, Paul St-Pierre Plamondon et Ruba Ghazal, qui soutiennent des approches différentes pour atteindre l’indépendance, et de l’autre, Charles Milliard et Éric Duhaime, qui s’opposent fermement à cette idée.
Éric Duhaime, leader du Parti conservateur du Québec, a critiqué le PQ pour sa position sur le référendum, affirmant qu’il n’y avait pas d’intérêt à provoquer des tensions avec Ottawa. « On a intérêt à s’allier », a-t-il ajouté.
Les débats ont également porté sur des sujets tels que la santé, où Paul St-Pierre Plamondon a été confronté à des critiques sur ses propositions d’introduction du privé. Ruba Ghazal, de Québec solidaire, a mis en avant les défis liés à la promesse péquiste d’abolir Santé Québec, soulignant les délais que cela pourrait engendrer pour les soins aux citoyens.
En matière d’environnement, les visions des candidats divergeaient également, Éric Duhaime plaidant pour la relance de l’exploitation du gaz de schiste, tandis que Ruba Ghazal insistait sur la nécessité de s’éloigner des énergies fossiles.
Ce débat a révélé des tensions croissantes autour des enjeux de souveraineté, d’économie et de gestion des ressources, mettant en lumière les positions divergentes des différents partis en lice pour les prochaines élections.
Source : La Presse

