Plus de 700 millions d’euros en 2024 : le tarif préférentiel des agents EDF remis en question par le gouvernement
Une partie des salariés et retraités du secteur de l’électricité et du gaz bénéficie d’un tarif préférentiel qui ne représente que 2 % du prix payé par les autres foyers, selon un rapport de la Cour des comptes. Cette situation, jugée inacceptable par l’institution, pourrait conduire à une augmentation de la fiscalité sur cet avantage, suscitant une forte opposition parmi les agents concernés, actuellement en grève.
Des mobilisations ont eu lieu à Bordeaux, Marseille, et Paris, où environ deux tiers des salariés du groupe EDF se sont rassemblés pour défendre ce tarif préférentiel. Ce dernier leur permet de régler, selon les syndicats, seulement 10 % de leur facture réelle d’énergie.
Malek Bouakkaz, agent chez Enedis, témoigne de ses préoccupations : « Ça fait 17 ans que je suis dans l’entreprise. J’ai atteint difficilement les 1 800 euros. On accepte ça parce qu’on rend un service public. On n’est pas là pour s’enrichir. Et puis derrière, on a ce tarif agent. Demain, on nous l’enlève. Je deviens un travailleur pauvre. »
Ce tarif, instauré il y a 80 ans, est désormais critiqué pour son coût jugé excessif, estimé à plus de 700 millions d’euros pour l’année 2024. Environ 300 000 agents, dont 160 000 retraités, en bénéficient. Pascal Cottin, un retraité touchant une pension de 3 000 euros et ayant une facture d’énergie de 30 euros par mois, souligne l’importance symbolique de cet avantage : « C’est la contrepartie du service public, de l’engagement des salariés dans le service public. »
Le gouvernement n’envisage pas de supprimer cet avantage, mais une augmentation de la fiscalité est à l’étude. Damien Radivojevic, un autre agent, exprime ses craintes : « Ça me fait sauter une tranche. Et ça génère d’autres choses : pour la cantine des enfants, le coefficient est modifié. Pour partir en vacances l’été, ça modifie mon coefficient social également. »
De son côté, la direction d’EDF as qu’elle ne souhaite pas revenir sur ce tarif préférentiel. Il y a 15 ans, une réforme similaire avait été envisagée, mais abandonnée face à une forte mobilisation des agents.
Source : Franceinfo

