Dette : La France face à des défis économiques majeurs, selon Eric Chol – L’Express

Dette : la France et ses

Dette : la France et ses « tue l’amour »

Le tic-tac de la bombe de la dette française est devenu si assourdissant que la possibilité d’un krach trotte désormais dans la tête de tous les patrons, banquiers, politiques ou économistes. Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, a souligné le 11 septembre sur RTL qu’il existe une inquiétude concernant les finances publiques et le déficit budgétaire.

Les marchés ressentent une panique croissante, illustrée par l’envolée des taux d’intérêt, qui pourraient atteindre 5 %, contre 3,35 % en 2025 et nuls en 2021. Si la flambée des prix du brut est un facteur, elle n’est qu’un déclencheur. Stéphane Boujnah, président d’Euronext, a noté que la France est démunie pour affronter les secousses internationales, étant le seul pays de la zone euro à ne pas avoir réduit sa dette depuis la fin de la crise sanitaire.

« On est clairement le plus mauvais élève de la zone euro »

Avec une dette de 3 500 milliards d’euros, une croissance stagnante, un chômage en hausse et un déficit budgétaire hors de contrôle, la France multiplie les « tue l’amour » auprès des investisseurs financiers. Le pays doit débourser 6,5 milliards d’euros chaque mois pour régler les charges d’intérêt de la dette, une facture qui a doublé en cinq ans et pourrait encore doubler dans les cinq prochaines années. Pour financer cela, la France s’endette à des taux élevés. Kevin Thozet, stratégiste chez Carmignac, a déclaré que la France est « clairement le plus mauvais élève de la zone euro ».

L’exécutif affirme que la situation est sous contrôle, mais les chiffres montrent le contraire. En 2011, les taux d’intérêt en Italie oscillaient entre 4,5 et 4,8 % et la dette publique atteignait 119 % avant la crise, des niveaux similaires à ceux de la France aujourd’hui. En 2022, le Royaume-Uni a connu une tornade financière en moins d’une semaine, menant à une flambée des taux et à la démission de la Première ministre Liz Truss à cause d’un budget mal ficelé. La France, qui fait face à des tensions sociales et financières, doit garder en mémoire ces précédents.

Source : L’Express

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